12/09/2007
Une journée sans Sarko ?
A tous ceux que menace l’overdose, l’initiative du Rassemblement pour la démocratie à la télévision devrait sourire : présidée par un sociologue, Pierre Bitoun, l’association appelle à une « journée sans Sarko » le 30 novembre prochain, date anniversaire de l’annonce officielle de la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. « Pas une image, pas un son, pas une ligne sur les faits et gestes de Nicolas Sarkozy ne doivent sortir, ce jour-là, des rédactions ! Ni éloge, ni critique, ni commentaires ! Rien de rien, s’il vous plaît », réclame l’association. Plus enjouée que la journée sans alcool, plus riche en volutes bleutées que la journée sans tabac, plus mobile que la journée sans voiture : la journée sans Sarko se veut reposante en diable, aussi relaxante pour les nerfs que détendante pour les pupilles. Encore faut-il, pour qu’elle soit pleinement réussie, un peu d’entraînement. Il suffit pour cela d’un week-end à la campagne, sans radio ni télévision.
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Hortefeux aux préfets: faites du chiffre!
Sinistre réunion. Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, a convoqué mercredi matin à son ministère une vingtaine de préfets fautifs, accusés de ne pas avoir réalisé les quotas d'expulsions d'étrangers en situation irrégulière. Le message: "faites du chiffre"! Ou, plus officiellement, il s'agit "de préfets dont les résultats doivent être améliorés en terme de reconduites à la frontière".
Brice Hortefeux s'était lui-même fait remonter les bretelles le 20 août par Nicolas Sarkozy, visiblement agacé que son administration ne soit pas en mesure de respecter l'objectif de 25000 reconductions aux frontières qu'il lui a fixé. Fin juillet, il n'y avait "que" 11000 expulsions, soit loin du compte. Selon le Figaro, qui révèle la convocation des préfets, "Brice Hortefeux devrait donc mettre la pression sur les préfets". Nicolas Sarkozy, il est vrai, s'était déjà livré au même exercice sur les préfets lorsqu'il était ministre de l'intérieur, avec un succès mitigé.
La difficulté des préfets tient à un élément nouveau: les Bulgares et Roumains, qui constituaient 20 à 30% des reconduites aux frontières, font partie de l'Union européenne depuis le 1er janvier 2007, et, comme le relève très justement le Figaro, "cette année, ils ne sont donc plus reconductibles ou alors dans des circonstances très particulières". Le ministre devrait lire le Figaro.
La pression mise sur les préfets constitue la porte ouverte à tous les dérapages, qu'il s'agisse des méthodes d'interpellation (voir l'affaire Popov), ou des méthodes de reconduites (voir les incidents à bord des avions d'Air France). Non seulement l'objectif de 25000 reconduites est inatteignable de l'avis de tous les fonctionnaires impliqués dans la gestion de l'immigration, mais, surtout, cette approche est totalement idéologique. L'application de la loi ne peut être affaire de quotas.
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