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24/09/2017

Un livre

 

Arrête avec tes mensonges

       
       

 

Un livre poignant

livre.jpg"Je découvre la morsure du manque"

Philippe Besson ,nous parle du manque, de l'attente,il nous raconte un amour interdit , le non dit, les rencontres en secrets, les regards....

"Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.

Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.

Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
Mais un amour, quand même.
Un amour immense et tenu secret.
Qui a fini par me rattraper.(4eme de couverture)
 
 
 extraits
"Je découvre que l'absence a une consistance. Peut-être celle des eaux sombres d'un fleuve, on jurerait du pétrole, en tout cas un liquide gluant, qui salit, dans lequel on se débattrait, se noierait. Ou alors une épaisseur, celle de la nuit, un espace indéfini, où l'on ne possède pas de repères, où l'on pourrait se cogner, où l'on cher je une lumière, simplement une lueur, quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose pour nous guider. Mais l'absence, c'est d'abord, évidemment, le silence, ce silence enveloppant, qui appuie sur les épaules, dans lequel on sursaute dès que se fait entendre un bruit imprévu, non identifiable, ou la rumeur du dehors."
 
"Plus tard, j'écrirai sur le manque. Sur la privation insupportable de l'autre. Sur le dénuement provoqué par cette privation; une pauvreté qui s'abat. J'écrirai sur la tristesse qui ronge, la folie qui menace. Cela deviendra la matrice de mes livres, presque malgré moi. Je me demande quelquefois si j'ai même jamais écrit sur autre chose."
 
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"Ce livre touchera à n’en pas douter tous ceux qui aiment. En lisant Philippe Besson, comment ne pas penser à ces quelques vers de Claude Nougaro : « L’invasion du désir, vous transforme en désert, excepté ce soleil qui vous brûle ».Pascal Hébert

 

 

 

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Patrice Chereau adaptera un de ses romans

                             "Son frère" "une histoire de fraternité                                                          et  d'agonie" p.99

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 Photos trouvées sur le net

 

 

                                                    

 

 

 

28/08/2017

Quand sort la Recluse

 

 "Une araignée tue... Et le commissaire Adamsberg reprend du service. Fred Vargas livre un polar malicieux où les mots mènent la danse et l'intrigue."

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Dévoré ce nouveau polar de Fred Vargas

 

 
 
La recluse ,Elle est au coeur du mystère et de la légende qui donnent au texte ses allures de conte. Il était donc une fois Loxosceles rufescens, une araignée farouche et, semble-t-il, dangereuse puisque quand commence l'histoire trois vieillards sont morts après avoir goûté de son venin. Mais « recluse » ne peut-il pas être entendu dans un autre sens ? Chez Vargas, attention, ce sont les mots, les idées et les images qui y sont associées qui mènent la danse, font avancer l'enquête et le ­récit, au fur et à mesure qu'on les décortique, au fil d'une logique ondoyante dont Adamsberg est familier. Ses mots sont des friandises, disions-nous, et son nouveau roman, un pur délice ! — Michel Abescat ( quelques lignes ,Telerama)
 
 
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La "Recluse" c'était aussi le nom des femmes bannies de la période médiévale , le très beau roman de Carole Martinez  , dans le Domaine des murmures.

 

 

 

 

 

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« - Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence.
- Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle.
- Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ?

- Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés.
- Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse ? »

 

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Jean-Baptiste Adamsberg, héros nonchalant et poète de la romancière Fred Vargas, archéozoologue de formation, est apparu pour la première fois en 1991 dans L’Homme aux cercles bleus. On a suivi ses enquêtes dans Pars vite et reviens tard en 2001, l'Armée furieuse en 2011 ou Temps glaciaires 

 

 

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 Fred-Vargas-Collection.jpgj'aime retrouvé Jean- Baptiste Adamsberg et... Jean Hugues Anglade ...

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  Les enquêtes du commissaire Adamsberg ont été adaptées à la télévision par Josée Dayan.

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20/05/2017

Bohèmes

bohemes 4.jpg"Quand le siècle commence, Montmartre et Montparnasse se regardent: deux collines d’où vont naître les beautés du monde d'hier, et aussi celles d'aujourd'hui...."P.1

 

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"C'était l'époque où Paris était la capitale du monde. Sur les trottoirs de Montmartre et de Montparnasse, entre le Bateau-Lavoir et la Closerie des Lilas, allaient les sublimes trublions qui inventaient l'art moderne et le langage du siècle : Jarry, son hibou et ses revolvers, Picasso, sympathisant anarchiste, Apollinaire, l'érotomane, Modigliani et ses femmes, Max Jacob et ses hommes, Aragon, le flambeur, Soutine, le solitaire, Man Ray, Braque, Matisse, Breton et les autres… Ils venaient de tous les pays. Ils étaient peintres, poètes, sculpteurs, musiciens. Fauves, cubistes, surréalistes, fêtards, amoureux -

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libres.

 

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Pendant trois décennies, ils menèrent le bal des plumes et des pinceaux. Leurs vies sont flamboyantes comme leurs oeuvres. Et leurs oeuvres, belles comme la vie. Ils demeurent à jamais les personnages de leurs propres légendes. Ils furent et restent les héros du temps des Bohèmes : un monde magnifique dont les reflets ne cesseront jamais de nous éclairer"(4ieme de couverture, un extrait)

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Il y avait eu le Montmartre du chat Noir, De Toulouse- Lautrec, de Depaquit,Poulbot, Valandon et Utrillo....

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On avait traversé la Seine pour serrer la main des poètes....

La guerre avait dispersé les groupes comme une grenaille explosée.  p.401, quelques mots.

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"Nous n'irons plus au bois les lauriers sont coupée

Les amants vont mourir et mentent les amantes "

Guillaume Apollinaire

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Passionnant, superbe voyage, joyeux et nostalgique

 

Photos et peintures trouvées sur le net        Braque,  Metisse, Modigliani, Poulbot


 

19:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : bohemes dan franck

18/03/2017

le tilleul du soir

J'ai retrouvé Mathilde

jean anglade.gif"Elle a dit au revoir à ses poules, rangé ses affaires dans son baluchon, fermé les volets de sa maison. Prête pour l'ultime aventure, à vingt kilomètres de là... Le Doux Repos, un nom qui promet tant : activités ludiques, repas à heures fixes, nouveaux compagnons et service impeccable ! Pour Mathilde, qui a toujours vécu au fil des saisons ―« nom de gueux ! » ―, cohabiter avec les angoisses et les lubies de Lulu, Mauricette et autres édentés, relève d'une expérience stupéfiante et drolatique !
Car pour Mathilde, digne et bonhomme, si l'âge est bien là, la vie frémit, toujours..."( extrait 4ieme de couverture)

Drôle, caustique et tendre....

Mathilde, c'est "la pomme oubliée"

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la vieille Mathilde qui chaque jour veille avec amour sur chaque maison abandonnée.
 
Un jour d'orage,"elle se hâta de barricader portes et fenêtres....elle courut...elle se sentait comme qui dirait responsable des dégâts qu'allaient causer la pluie et le vent
Alors, de se sentir le seul ange gardien du village abandonné, de se sentir si petite, si faible et si vieille contre les méchancetés du ciel, elle pleura. Ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps.( extrait p.87)

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"« Nom de gueux ! » jure Mathilde à longueur de journée. Contre qui, contre quoi ? Unique habitante d'un hameau d'Auvergne, il ne lui reste que ses chèvres, ses poules, le chat et le facteur à qui faire la causette."
 
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 petite larme,en lisant les dernières pages " le tilleul du soir"  Mathilde repartira vers son village...
"Mathilde, Mathilde, pourquoi m'as- tu abandonné?, l'appel de son village crucifié...je reviens, je reviens....prends patience...me voilà."
 

20:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (5)

23/01/2017

Elena Ferrante

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Après L'amie prodigieuse et Le nouveau nom, Celle qui fuit et celle qui reste est  le troisième tome de la formidable saga d'Elena Ferrante.

"Elena Ferrante raconte cinquante ans d’histoire italienne et d’amitié entre ses deux héroïnes, Elena et Lila

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Pour Elena, comme pour l’Italie, une période de grands bouleversements s’ouvre. Nous sommes à la fin des années soixante, les événements de 1968 s’annoncent, les mouvements féministes et protestataires s’organisent, et Elena, diplômée de l’École normale de Pise et entourée d’universitaires, est au premier rang. Même si les choix de Lila sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine, telles deux sœurs qui se ressembleraient trop. Et, une nouvelle fois, les circonstances vont les rapprocher, puis les éloigner, au cours de cette tumultueuse traversée des années soixante-dix."( quelques mots de Babelio )

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" chez Elena Ferrante, on vit à poings nus "

Le JDD

Celle qui fuit: Elena. Celle qui reste: Lila.

Deux gamines dans un quartier populaire de Naples , on les retrouve, femmes , dans une Italie aux agitations politiques, très violentes.

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Un roman passionnant,

Elena, m'a bouleversée

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11:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : elena ferrante

10/12/2016

Elena Ferrante Le nouveau nom

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J'ai retrouvé Lila et Elena

 

Le nouveau nom est la suite de L’amie prodigieuse, qui évoque l’enfance et l’adolescence de Lila et Elena. Avec force et justesse, Elena Ferrante y poursuit sa reconstitution d’un monde, Naples et l’Italie, et d’une époque, des années cinquante à nos jours, donnant naissance à une saga romanesque au souffle unique.

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C’est l’histoire d’une amitié hors du commun qui s’épanouit dès le terreau de l’enfance. Elena et Lila grandissent dans le même quartier de Naples, à la fin des années cinquante. La pauvreté, la violence, la débrouillardise sont leur quotidien. L’école, une chance, où briller pourrait élargir leur horizon - ici symbolisé par la mer, si proche et pourtant invisible. Lila est d’une rare intelligence, mais parfois méchante, terrible ou fulgurante. Fascinée par ce singulier tempérament, Elena cherche sans relâche sa compagnie. Aussi se plie-t-elle à ses téméraires défis, à ses folles exigences, non sans crainte et malgré les vexations. Elena ne peut se passer de Lila. Et elle espère que c’est réciproque.

C’est sur cette riche dynamique qu’Elena Ferrante a construit "L’amie prodigieuse", son quatrième roman à être traduit de l’italien en français. Si ensemble les deux adolescentes connaissent quelques moments de réelle complicité, leur évolution va bientôt suivre un effet de balancier. Ces deux-là ne vont bientôt cesser de se perdre et de se retrouver. Elena semble progresser grâce à sa scolarité, qu’elle poursuit malgré la désapprobation de ses parents mais avec l’appui de ses profs. Quand Lila, qui a abandonné ses études pour travailler dans la cordonnerie familiale, se fiance dès l’âge de quinze ans. Où est la vraie vie ? interroge Elena Ferrante. Dans le mariage ou l’éducation ? Cette dernière n’est-elle pas un leurre, une différence qui exclut ? Que valent les sacrifices d’Elena qui, raillée par ses proches, dort peu et s’enferme dans les toilettes pour étudier sans risquer de déranger le reste de sa famille ?

A travers ce tableau hautement humain d’une relation déséquilibrée et addictive, c’est à Naples en ses quartiers populaires que l’auteur de "Poupée volée" rend un vif hommage. Le dialecte (présent sans apparaître textuellement), la gouaille des habitants, le savoir-faire des artisans, l’argent qui exaspère les envieux, les combines que l’on devine mafieuses, les ragots qui prolifèrent, un arrière-fond politique qui divise, la mort et la brutalité omniprésentes, tout est là pour recréer un microcosme unique. Où de nouvelles perspectives économiques vont bousculer les lignes de partage. Par cette intense évocation, Elena Ferrante s’interroge sur la nature de la vie de l’esprit et sur ses liens avec ce qu’elle nomme la plèbe. Ce, à travers deux personnalités inoubliables. Dont l’une, Elena, signe en narratrice et écrivain ces pages...(La Libre.be )

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 "Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle est pleine de violence.C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile"

 

 

 

15:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : le nouveau nom

08/10/2016

Tout l'amour de nos pères

livre.jpg           " tout l'amour de nos pères

             ne nous consolera jamais

             de les avoir perdu"

 

 Je viens de quitter Pierre, Albine, Aurélien, Ludivine

 

Des hommes, des  femmes, des paysages

Christian Signol raconte avec toujours beaucoup d'amour et de tendresse l'histoire de ces hommes, ces femmes qui souffrent, broyés par l'histoire.

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"Depuis le début du XIXe siècle, les Marsac se partagent entre l'exercice de la médecine et l'exploitation de leurs terres du Grand Castel au bord de la Dordogne. Pierre, le fondateur de la dynastie, enfant trouvé entré dans les armées de la République, puis de l'Empire, a transmis ses passions à ses héritiers. Chacun prendra la plume pour raconter son histoire, témoigner à son tour de son combat pour préserver le domaine et venir en aide à une population accablée par la famine et les maladies, les guerres, l'ignorance et les superstitions. "

À travers les récits successifs de Pierre, Albine, Aurélien et Ludivine Marsac, Christian Signol trace un portrait émouvant de ces hommes et femmes vivant à l'écart des grandes villes, pris dans les tourmentes et les métamorphoses de l'Histoire. Tout à la fois fresque historique et grande saga, ce beau roman nous parle aussi des saisons, des liens étroits tissés entre les générations, et d'une famille habitée par une véritable force tellurique qui la lie inexorablement à ce Grand Castel, havre de paix et paradis perdu."( 4eme de couverture)

Rencontre( l'actu Litteraire)

tout l'amour de nos peres,christian signol

 

"Dans votre roman, la guerre emporte les fils de chacune des générations des Marsac : n'y a-t-il pas là une sorte de pessimisme ?Je voulais au contraire exprimer mon idéal pacifique. Ce qui arrive aux Marsac n'est pas particulier à ces gens. Toutes les familles ont eu un mort ou un blessé dans les guerres du XIXe et du XXe siècles, un enfant, un frère, un père... Toutes sauf celle qui vient après la seconde guerre mondiale. Et encore, nous avons eu la guerre d'Algérie ! Avec cette grande fresque, je voulais en faire prendre conscience : tout le monde a été touché, alors que les guerres ne sont voulues que par une poignée d'hommes. L'individu est le jouet des gouvernements ou d'intérêts industriels. Vous savez, près de chez moi, en Dordogne, il y a un château inhabité, dont toutes les fenêtres sont toujours fermées. Cela m'a donné l'idée du Grand Castel (la demeure des Marsac). Je me suis renseigné et j'ai appris qu'il était jadis occupé par une famille qui s'est éteinte. A l'inverse, dans le roman, j'ai voulu mettre un peu d'espoir...

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Photos , la Dordogne, 2005, 2008

 

 

03/09/2016

Ecoutez nos défaites

Un roman , la folie des hommes.....

 

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"Les deux piliers sur lesquels la guerre a de tout temps reposé, la victoire et le héros, se dissolvent", avance Laurent Gaudé.

 



Dans son nouveau roman Écoutez nos défaites, Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004, brasse subtilement les siècles et les guerres pour mieux comprendre l'Histoire et la folie contemporaine

 

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"Nous avons lu de la poésie depuis trop longtemps, nous avons admiré des mosaïques depuis trop longtemps, il ne peut y avoir de renoncement", écrivez-vous. Le combat continue? 

Oui, on ne peut pas reculer, on ne peut pas désapprendre à lire. Il peut y avoir défaite, mais pas renoncement. Il ne faut rien lâcher. Si l'on m'enlève les terrasses de café, les livres et le théâtre, la vie ne m'intéresse pas.( l'écrivain confie à l'Express les clefs de sa dramaturgie, quelques lignes)

 

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d'une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste...

Un roman inquiet et mélancolique qui constate l'inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu'on meure pour elles. ( Actes Sud)

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illustration : Hannibal et son armée traversant le Rhône (Wikipédia)

 

ecoutez nos défaites laurent gaudé

 

« L'avion file dans le ciel de Turquie et d'Irak et il lui semble les sentir, des centaines de milliers de vies, qui au fur et à mesure du temps se sont massacrées sur ces terres. Que reste-t-il de tout cela ? Des fortifications, des temples, des vases et des statues qui nous regardent en silence. Chaque époque a connu ces convulsions. Ce qui reste, c'est ce qu'elle cherche, elle. Non plus les vies, les destins singuliers,mais ce que l'homme offre au temps, la part de lui qu'il veut sauver du désastre, la part sur laquelle la défaite n'a pas de prise, le geste d'éternité.

Aujourd'hui, c'est cette part que les hommes en noir menacent. Ils brandissent leurs armes et hurlent qu'ils n'ont pas peur de la mort. «Viva la muerte!» disaient les fascistes espagnols. C'est la même morgue, la même haine de l'homme. Mais ce qu'ils attaquent, eux, c'est la part qui normalement échappe aux batailles et à l'incendie.

Ils tirent, pilonnent, brûlent, comme les hommes l'ont toujours fait. L'Antiquité est pleine de villes mises à sac - l'incendie de Persépolis, la destruction de Tyr – mais d'ordinaire il en restait des traces, d'ordinaire l'homme n'effaçait pas son ennemi. Ce qui se joue là, dans ces hommes qui éructent, c'est la jouissance de pouvoir effacer l'Histoire. » (p. 81)

 

Des hommes tuent

Un roman puissant , beau, sensible, humain, terrible....

 

 


 

 

 

 

20/08/2016

J'ai aimé...

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Santiago du Chili,au coeur des polars de Ramon Diaz -Eterovic

Un très beau roman , toujours sous le charme....je retrouve avec plaisir Herédia, détective privé, son chat ,Simenon, son ami Anselme, les ruelles de Santiago....

 

«J'ai passé une grande partie de ma vie à chercher des réponses aux questions que d'autres se posaient et je désire maintenant résoudre le seul mystère qui me concerne totalement.»
Chargé de retrouver un vieillard dont plus personne n'a de nouvelles, Heredia, l'orphelin, reçoit une lettre qui lui rappelle le voeu de sa mère, qui depuis le passé le pousse sur les traces de l'homme qui pourrait être son père et qu'il n'a jamais connu
Menant en parallèle ces deux enquêtes, deux mystères, il est confronté à la réalité de l'abandon, ainsi qu'aux pièges de la mémoire.
Heredia, archétype du privé, avec son costume fripé et sa vieille voiture, se comporte en moderne don Quichotte «redressant les torts et faisant régner pour les êtres du commun une justice qu'autrement ils n'atteindraient jamais». Un des meilleurs romans de la série policière la plus populaire d'Amérique latine.(4ieme de couverture)

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Heredia y Simenon vistos por Félix Vega.

Ramón Díaz Eterovic est né en 1956 à Punta Arenas. Il est l'auteur de nombreux romans mettant en scène le personnage de Heredia dont Les Sept Fils de Simenon, La Mort se lève tôt (prix du Conseil national du Chili) et L'Obscure Mémoire des armes. Il est publié en Italie, Allemagne, Portugal, Espagne, Grèce.
Les aventures de Heredia ont été l'objet d'adaptations télévisuelles au Chili.

 

 

 

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Quelques lignes, de Chili et carnets

 

Dans ce livre vous évoquez la dictature, les abus des pinochetistes. Qu’avez-vous connu de cette période ?


« J’avais 17 ans en 1973. Les dix-sept années suivantes, j’ai vécu sous une dictature qui a conditionné mon environnement vital, mon éducation, mes affections, le développement de mon travail littéraire, la manière de sentir et d’observer la vie [il a aussi été emprisonné par la police politique en 1977, NDLR].
C’est une génération dans laquelle certains – pas tous-, ont opté pour la résistance politique par la littérature. C’était difficile dans ce contexte politique, et beaucoup d’amis et compagnons ont eu à payer la révolte et le désir de liberté. Tortures, prisons, exil et, dans quelques cas, la mort. Aujourd’hui, on peut parler de liberté et de démocratie au Chili. Mais, sous la dictature, mentionner ces notions, c’était risqué la prison ou la mort… Mais beaucoup ont risqué leurs vies pour rétablir la démocratie.
C’est à cette époque que j’ai voulu écrire un roman policier qui reflèterait la situation sociale et politique de mon pays. Heredia, le personnage de tous mes romans, est né comme un justicier et un témoin. J’ai vu dans le roman noir la possibilité de parler de la société chilienne, de rédiger une chronique du pays de ces 30 dernières années. Dans le polar, j’ai trouvé les codes pour explorer la relation entre le crime, la politique et la violence, si brutale et tristement commune au Chili et dans la majorité des pays latino-américains. »

 

 

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23/05/2016

Le rapport de Brodeck

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« Je m’appelle Brodeck et je n’y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache. Moi je n’ai rien fait, et lorsque j’ai su ce qui venait de se passer, j’aurais aimé ne jamais en parler, ligoter ma mémoire, la tenir bien serrée dans ses liens de façon à ce qu’elle demeure tranquille comme une fouine dans une nasse de fer.

Mais les autres m’ont forcé : « Toi, tu sais écrire, m’ont-ils dit, tu as fait des études. » J’ai répondu que c’étaient de toutes petites études, des études même pas terminées d’ailleurs, et qui ne m’ont pas laissé un grand souvenir. Ils n’ont rien voulu savoir : « Tu sais écrire, tu sais les mots, et comment on les utilise, et comment aussi ils peuvent dire les choses […]. »(4eme de couverture )

le rapport de brodeck philippe claudel

Un extrait p.375

"Quelles contrées traversions-nous ? Existaient-elles sur les cartes ?
Aujourd’hui, je sais qu’elles n’existaient sur aucune carte, mais qu’elles naissaient au fur et à mesure que le wagon roulait sur elles. Le wagon, et tous les autres wagons semblables au nôtre, dans lesquels, comme dans le nôtre, des dizaines de femmes, d’enfants et d’hommes étaient dévorés par la soif, la fièvre, la faim, dans lesquels ils suffoquaient, dans lesquels ils étaient serrés les uns contre les autres, parfois morts contre vivants, le wagon et tous les autres wagons inventaient, de minute en minute, un pays, celui de l’inhumanité, de la négation de toute humanité, dont le camp allait être le cœur. C’est bien ce voyage que nous faisions, un voyage qu’aucun homme n’avait fait avant nous, je veux dire avec autant de méthode, de sérieux, d’efficacité, et qui ne laissait aucune marge à l'imprévu"

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Images  BD de Manu Larcenet, d'après le roman de Philippe Claudel (Médiathèque Epinay- sur- Orge , un extrait )



 

 

 

"Non loin de la frontière allemande, dans un hameau isolé et reculé du reste du monde, encore peuplé par les fantômes des camps de concentration, Brodeck, un homme taciturne rédige des rapports sur la faune, la forêt et les chemins pour l'administration. Dans cet espace marqué par les stigmates de la guerre et une méfiance viscérale, l'arrivée d'un étranger est forcément un signe de mauvais augure ; baptisé par le village, l'Anderer, "l'Autre", un homme arrivé au village quelques semaines auparavant en a d'ailleurs payé le prix de sa vie. Brodeck - arrivé sur les lieux du lunchage après les faits - est alors chargé, par les hommes du village, de rédiger un rapport afin de justifier et d'expliquer leurs actes.

 

 

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Un extrait

"Ne me demandez pas son nom, on ne l'a jamais su. Très vite les gens l'ont appelé avec des expressions inventées de toutes pièces dans le dialecte et que je traduis: Vollaugä - Yeux pleins - en raison de son regard qui lui sortait un peu du visage; De Murmelnër - Le Murmurant - car il parlait très peu et toujours d'une petite voix qu'on aurait dit un souffle; Mondlich - Lunaire - à cause de son air d'être chez nous tout en n'y étant pas; Gekamdörhin - Celui qui est venu de là-bas.

Mais pour moi, il a toujours été De Anderer - L'Autre -, peut-être parce qu'en plus d'arriver de nulle part, il était différent, et cela, je connaissais bien: parfois même, je dois l'avouer, j'avais l'impression que lui, c'était un peu moi."

"                                                          “Je m'appelle Brodeck, et je n'y suis pour rien.
                                                                         Brodeck, c'est mon nom.
                                                                                     Brodeck.
                                                                              De grâce, souvenez-vous.
                                                                                   Brodeck.”
                                                            Ainsi s'achève le roman de Philippe Claudel

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Impossible d'oublier Brodeck

Coup de coeur et coup de poing pour ce récit bouleversant et terrifiant

Nature humaine absurde et cruelle , un rapport sur l’intolérance, l'ignorance , la stigmatisation de l'autre , un roman puissant