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11/11/2007

La peur, raison d’être du ministère de Brice Hortefeux

49b168091d756c346d904c7d9d3d583a.jpgLe bilan du ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Codéveloppement, que Brice Hortefeux présente ce matin, est d’abord et avant tout celui d’une «culture de la peur» qui affecte très certainement toutes les démocraties occidentales, mais qu’il aura exemplifié et amplifié, à plus d’un titre, depuis sa formation.

 

Amalgame. D’abord, l’annonce et la promesse fracassante de sa création ne sont pas séparables d’une stratégie électorale qui aura consisté depuis le début à focaliser sinon détourner l’attention d’une partie de l’électorat sur ce que le sociologue Zygmunt Baumann appelle des «cibles de substitution», dans un étrange amalgame qui mêle, depuis toujours, immigration et délinquance. Elle aura consisté à institutionnaliser l’idée que les immigrés constituent une «menace» pour une «identité nationale», qu’elle aura voulue homogène et repliée sur elle-même, dans le déni de son hétérogénéité constitutive. Elle aura parié ainsi sur les effets électoraux de «la peur des étrangers».

3b7c60f273b4ea89f01038c65484f674.jpgMais il faut aller plus loin : s’il est vrai que cette peur désigne la raison d’être de ce ministère, le génitif doit y être entendu au double sens d’un génitif subjectif et objectif. La peur, ce n’est pas seulement celle que l’on prête aux citoyens ayant droit de cité et à leur supposé besoin de sécurité et d’identité, dans une dangereuse confusion. C’est aussi et prioritairement celle des étrangers eux-mêmes – ceux qui voient s’aggraver, année après année, les règles d’une hospitalité devenue de plus en plus conditionnelle.

Ce qu’il faut comprendre alors, c’est le caractère anxiogène de ces conditions, telles qu’elles ont été proposées et votées, que celles-ci portent sur la langue, sur la culture ou sur la famille. Qu’il s’agisse d’entrer ou de rester sur le territoire, être étranger signifie aujourd’hui, en France, vivre dans la crainte de ne pas ou de ne plus remplir ces conditions, et donc vivre dans la terreur des expulsions, comme l’a rappelé, ces derniers mois, la récurrence d’actes désespérés (la défenestration de Chulan Liu le 20 septembre et celle du jeune Ivan, le 9 août, et encore mardi celle d’un jeune Sénégalais à Marseille).

Telle est, au demeurant, la raison ultime de l’acharnement gouvernemental à maintenir l’amendement sur les tests ADN : prouver qu’il n’est pas disposé à reculer sur le front de l’accroissement des conditions. Parier sur la crainte, comme le fait la politique de l’immigration que ce ministère a reçu mission de promulguer et de faire appliquer par une administration soumise à la pression de quotas imposés, c’est donc parier, comme l’aura toujours fait toute culture de la peur, sur son caractère dissuasif.

Frontière. Reste alors une dernière forme d’inquiétude : celle qui devrait affecter en droit tous les citoyens qui assistent impuissants à l’aggravation de ces conditions. Ce que celle-ci affecte, en effet, ce n’est rien d’autre que la frontière infiniment fragile qui sépare la démocratie des régimes dont, par essence, elle doit rester distincte. En démocratie, la souveraineté ne reste démocratique que tant qu’elle n’est soumise à aucune condition d’appartenance (que celle-ci soit d’ordre ethnique, linguistique, culturel ou autre). C’est ce principe qui est aujourd’hui remis en question.

MARC CRÉPON

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20:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

09/11/2007

Tuberculose et sida, une association meurtrière

ce 8 novembre au Cap, en Afrique du Sud. Pendant 5 jours, les délégués d'une centaine de pays vont se pencher sur les nouvelles formes résistantes de la tuberculose, mais aussi sur ses interactions avec le VIH.

Avec 3 millions de morts par an, la tuberculose est parmi les maladies les plus meurtrières de la planète.

2 millards de personnes sont porteuses du bacille de la tuberculose, mais la maladie ne se déclare que chez un porteur sur dix.

La progression de nouvelles formes résistantes aux traitements et la propagation du virus du Sida inquiètent sérieusement les 3000 spécialistes, réunis cette fin de semaine dans la ville du Cap.

37 pays ont enregistré aujourd'hui des cas de tuberculose ultra-résistante (TB-UR) et multirésistante (TB-MR) aux antibiotiques.

Un tiers des 40 millions de malades du Sida (VIH) seraient également atteints de tuberculose.

Le besoin de nouveaux moyens de prévention, de dépistage et de médicaments est devenu la priorité des médecins.

Aucun nouveau traitement contre la tuberculose n'a été mis sur le marché depuis 40 ans.

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Léopold blanc                Coordinateur de la stratégie de lutte contre la turberculose à l'OMS

« La tuberculose a deux aspects : celui relativement optimiste des pays où la maladie est en régression et celui beaucoup plus pessimiste en Asie, en Afrique et en Europe de l'Est. »

 


Maladie de la pauvreté

La tuberculose est une maladie infectieuse, provoquée par le bacille (bactérie en forme de bâtonnet) de Koch. Elle se transmet par voie orale : parole, toux, éternuement. Elle peut atteindre d'autres organes que le poumon.

Maladie de la promiscuité et de la pauvreté, le risque de contamination dans une famille vivant sous le même toit est de 30%.

Les déplacements de personnes, en raison des conflits et des catastrophes naturelles, sont des facteurs de propagation.

Le coût des traitements, leur lourdeur mais aussi la fragilité des structures de santé des États, l'absence de laboratoires spécialisés contribuent à ce que les malades atteints de tuberculose abandonnent les soins et développent des résistances.

Tuberculose et sida, l’urgence sanitaire est là !

13:36 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)