02/02/2008
BANLIEUES: QUOI DE NEUF? RIEN
On pourrait se moquer. Ironiser sur l’attelage baroque que forment mesdames Boutin et Amara. Railler leurs déclarations contradictoires. On n’a même plus envie… Elles nous présentent le énième plan pour les quartiers, mais chacun devine qu’il s’agit surtout énième plan de com. Le plan «anti-glandouille s’est transformé en «plan espoir». Qu’est- c’est un «plan espoir» ? C’est comme Marshall», mais sans les moyens…
Le sentiment laissé est celui d’un bricolage qui ne tient pas compte de la dimension du problème. À quoi sommes-nous confrontés sur l’ensemble du territoire national ? À une uniformisation sociale progressive des centres-villes que n’occupent plus que les gagnants – petits et grands – de la mondialisation ; à l’opposé on assiste à la paupérisation et à la relégation des quartiers d’habitat social ; enfin on observe le déplacement des classes moyennes vers les zones pavillonnaires périurbaines parce qu’elles n’ont plus les moyens d’occuper les centres historiques et qu’elles fuient la proximité des cités.
Là où, au siècle dernier, il suffisait d’un étage pour passer du bourgeois à sa domesticité, il y a désormais la distance de la ville à sa banlieue. La mixité sociale est un combat de chaque instant que connaissent trop bien les maires des villes périphériques qui cherchent à maintenir coûte que coûte leurs classes moyennes tentées par l’exil. Le mouvement à l’oeuvre est terrible. Les grands ensembles qui devaient loger tout le salariat sont désertés par celles et ceux qui le peuvent. A contrario, les habitants qui restent sont ceux qui n’ont d’autre choix. Les populations d’origine étrangère se concentrent dans ces quartiers. C’est ici que s’arrête souvent tout rêve de promotion. Parce que la promesse républicaine n’y est pas tenue, c’est là que le basculement dans la délinquance est le plus important. Lorsque l’image de la cité se dégrade, la moralité de ses occupants est mise en cause, c’est alors que la tentation du repli communautaire est la plus forte. Lorsque le quartier perd sa réputation et s’isole, les trafics peuvent croître dans la tranquillité et se nourrir de la complicité de jeunes désorientés. C’est à ce moment que s’évadent les derniers cadres…
Face à une telle lame de fond, ce n’est pas d’un plan dont ont besoin les banlieues, mais d’une politique. Pas de gadgets, mais de mesures coordonnées. Désenclavement par les transports, développement économique, présence des services publics, priorité à l’éducation… et évidemment réorganisation des espaces avec l’objectif de mixité sociale,ce qui suppose une vraie volonté au ministère du Logement. Et c’est pour cela que la rivalité entre Fadela Amara et Christine Boutin, loin de faire sourire, attriste et inquiète tant elle augure mal d’une cohérence gouvernementale indispensable pour relever le défi des villes et des banlieues.
Thomas Colognac
20:51 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)
31/01/2008
BABEL
Après 'Amours chiennes', Alejandro González Inárritu a présenté à Cannes son dernier long métrage, 'Babel', sélectionné en compétition officielle pour la 59e édition. A l'affiche : Brad Pitt, Cate Blanchett ou encore Gael Garcia Bernal.
Avec son nouveau long métrage ‘Babel’, inspiré de la célèbre tour biblique, Alejandro Gonzales Iñarritu se réapproprie le mythe pour nous en délivrer une réflexion d’une formidable intelligence sur les barrières qui divisent l’humanité et sur notre incapacité à nous comprendre les uns les autres. Un couple de touristes américains au bord de la rupture, deux jeunes Marocains impliqués dans un homicide involontaire, une nourrice mexicaine qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une ado japonaise sourde et muette dont le père est recherché par la police. Sur trois continents différents, Iñarritu confronte tous ces personnages à différentes cultures, différentes langues. Dans un monde, dans un désert ou au coeur de la grouillante ville de Tokyo, Alejandro les contraint à faire face à un profond sentiment de solitude, physique mais aussi intérieure, la plus terrible


14:38 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (1)
29/01/2008
UN LONG SILENCE POUR LES ENFERMES
Il y a toujours quelque chose d'impressionnant dans les manifestations silencieuses. L'expression forte d'une gravité, d'une solennité. Il y eut ainsi les "folles", ces mères qui arpentaient la place de Mai à Buenos Aires pour réclamer des nouvelles des "disparus" du temps de la dictature militaire argentine ; ou encore les moines bouddhistes de Birmanie qui, par dizaines de milliers, manifestèrent à l'automne 2007 contre la junte militaire birmane. En France, le dernier mardi de chaque mois, de 18 h 30 à 19 h 30, place du Capitole, à Toulouse, quatorze moines franciscains forment un "cercle de silence" pour protester contre les conditions de vie des immigrés sans papiers au centre de rétention de Cornebarrieu. "Il faut avoir tué père et mère pour être envoyé dans un endroit pareil", confiait il y a quelques jours au Monde Frère Alain. Aggravée par le durcissement de la politique d'expulsion du ministère de l'immigration et de l'identité nationale, cette situation a incité ces religieux à mettre en place sur leur site (www.franciscainstoulouse.fr), des liens vers des associations comme la Cimade ou le Réseau éducation sans frontières (RESF).
13:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)


























