06/01/2007
AUGUSTIN, LE GRAND FRERE DES PAUVRES
PORTRAIT
Tout a commencé par une rencontre. Celle des sans-abris de son quartier, le Xe arrondissement. La nuit, sa fille de deux ans ne dort pas, alors pour laisser sa femme se reposer, il descend dans la rue pour la bercer. Durant ses promenades nocturnes avec son bébé, il rencontre de nombreux SDF. De ses "amitiés", il voudra faire un film avec son ami, comédien comme lui, Pascal Oumaklouf. Mais à la fiction, il préfère l'action et lance le mouvement citoyen Les Enfants de Don Quichotte. C'est son premier engagement social.
Depuis près d'un mois, ce jeune comédien de 31 ans mène son combat auprès des plus démunis. Une lutte volontaire et engagée qui n'a surpris personne dans son entourage. "Il a une force assez incroyable. Il avance et l'on ne peut pas l'arrêter. Parfois, je tire sur son pantalon pour lui dire stop", confie Pascal Oumaklouf, le témoin de son mariage et parrain de sa fille. Les deux amis se sont rencontrés sur la scène d'un cours de théâtre parisien, le cours Florent.
c'est sur les planches qu'il se fait remarquer. Mises en scène compliquées, choix de textes difficiles, Augustin se démarque. "Il était solaire, il avait du charisme", se souvient Philippe Maymat, son professeur. "Il m'a donné l'impression qu'il ne voulait pas gâcher son temps. C'est quelqu'un qui a beaucoup d'ambition et qui veut faire de grandes choses. Ce mec est prêt à tout et tout est possible avec lui. Augustin Legrand déterminé peut déplacer des montagnes", estime-t-il.
Pour Philippe Maymat, "il nous éclabousse à la gueule quelque chose d'humaniste". A ses yeux, "Augustin, c'est le courage la détermination, le charisme et la joie. La joie d'être dans le mieux, le positif et le respect de l'autre", ajoute-t-il. Augustin, lui, se voit simplement comme quelqu'un "de vraie valeur".
Jean-Baptiste Legrand, président de l’association les Enfants de Don Quichotte
Les Enfants de Don Quichotte ont eu en quelques semaines une vraie visibilité. Ensuite, nous allons jouer notre rôle de signal d’alarme sur les problèmes qui nous révoltent. En l’occurrence le problème des personnes sans abri, le mal logement, la précarité et l’exclusion. Mais il y a d’autres droits fondamentaux qui sont bafoués en France et dans le monde, et nous comptons faire en sorte que cela change.
23:57 Publié dans SOLIDARITE | Lien permanent | Commentaires (0)
02/01/2007
UN MINISTERE DE LA CRISE DU LOGEMENT
le 2 janvier
SDF : la mobilisation se durcit
Tout un symbole : c'est rue de la Banque, dans un immeuble avec vue sur la bourse de Paris, que 80 personnes sans-abri se sont installées. Trois associations ont fait de cet immeuble le siège de leur ministère de la Crise du Logement.
L'association Droit au logement, le collectif Jeudi Noir contre le mal-logement et l'association culturelle et artistique Macaq, ont choisi une ancienne succursale du CIC : façade hausmanienne, ascenseur, eau, électricité et moquette à tous les étages et surtout vide depuis 3 ans.
Un endroit jugé parfait pour un ministère, qui a été présenté à la presse afin que le dossier reste au cœur des débats à l'approche des élections. .
Opération médiatique efficace puisque Jacques Chirac a souhaité lors de ses vœux, un engagement pour que le droit au logement opposable se concrétise "avant les échéances électorales".
Mais qu'est-ce que le droit au logement opposable ? En clair, cela signifie que l'Etat est obligé d'offrir un logement à tous les sans-abri. En cas d'impossibilité de trouver un toit, un citoyen pourrait alors porter plainte contre les pouvoirs publics devant les tribunaux. En Europe, seule l'Ecosse a adopté ce droit.
En France, près d'un million de personnes ne disposent pas d'un logement décent, dont environ 100.000 vivent à la rue. Quelques uns se sont présentés rue de la Banque ce matin, espérant y être hébergés. Mais les associations ont du les refouler, le squat est déjà plein .
- Réquisition :
une urgence, une loi.
La précarité du logement s’étend. Des milliers de familles sont en situation d’errance urbaine, passant de centre d’hébergement en hôtel, ou en logement de fortune, ou encore accueillis quelques jours chez des amis, luttant chaque jour pour avoir un toit pour leurs enfants.
20:55 Publié dans SOLIDARITE | Lien permanent | Commentaires (3)
2007
00:02 | Lien permanent | Commentaires (1)





























