Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/02/2009

Mort de l'Italienne au coeur du débat sur l'euthanasie

ELUANA.jpgEluana Englaro a devancé le gouvernement de Silvio Berlusconi. Cette femme de 38 ans, au coeur du débat sur le droit de mourir en Italie, a expiré lundi après 17 ans dans le coma, et alors que le Sénat examinait un projet de loi empêchant que l'on poursuive son euthanasie déjà engagée.

"Oui, elle nous a quittés", a déclaré son père, cité par l'agence de presse ANSA. "Je ne veux rien dire, je veux juste être seul", a ajouté Beppino Englaro, qui s'était battu pendant dix ans pour que la justice autorise, fin 2008, sa fille à mourir. M. Englaro affirmait que sa fille aurait voulu refuser son traitement, comme l'y autorise la loi italienne, qui interdit en revanche l'euthanasie.

Victime d'un accident de la route à l'âge de 20 ans, en 1992, Eluana Englaro était plongée dans un coma végétatif jugé irréversible par les médecins, et maintenue artificiellement en vie. Elle avait été transférée le 3 février à la clinique "La Quiete" d'Udine (nord-est de l'Italie), qui avait commencé à réduire son alimentation artificielle.

De son côté, le gouvernement de centre-droit de Silvio Berlusconi s'était engagé dans une course contre la montre, avec le soutien du Vatican, pour faire adopter en quelques jours une loi interdisant que l'on interrompe l'alimentation et l'hydratation artificielles des patients dont la vie en dépend.

Vendredi, le gouvernement a pris un décret en urgence pour empêcher qu'on laisse Eluana Englaro mourir, mais le président italien Giorgio Napolitano a refusé de le signer. L'affaire a déclenché une vive controverse en Italie, avec des manifestations quotidiennes devant la clinique d'Udine.

Les sénateurs ont observé une minute de silence lundi soir mais des responsables gouvernementaux ont réaffirmé leur intention de faire passer la loi anti-euthanasie au Parlement, où Silvio Berlusconi dispose d'une solide majorité. Le Sénat devait initialement voter mardi. AP

23:37 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4)

"L'EDEN à l'Ouest"

GAVRAS.jpgL'odyssée d'un clandestin

 

le dernier film de Costa-Gavras

 

Elias, jeune clandestin, saute du bateau qui le transportait vers la France et atterrit dans un club de vacances, entre Grèce et Italie. Il se fond dans la foule des employés. Commence alors son long périple vers son but : Paris, ville lumière…

« Eden à l'ouest », réalisé par Costa Gavras, clôturera, dimanche prochain, le Festival de Berlin. Dans ce film, le réalisateur défenseur des libertés et dénonciateur des oppressions, des totalitarismes et du racisme, fait, bien évidemment, référence à l'Odyssée d'Homère. « Mon personnage, dit-il, traverse, un peu comme Ulysse, la mer, puis les épreuves, puis les tempêtes. Il affronte les monstres modernes et bouscule les mythes de notre époque ».

Immigré lui-même à Paris en 1956, le cinéaste a voulu que son film, « le plus personnel qu'il ait réalisé », soit « un hommage à tous ceux, nos pères, nos grands-pères, qui, malgré les embûches sont venus en France ».

La longue route d'Elias va, on s'en doute, être marquée par d'énormes difficultés. Chassé par la police, sans le sou, il travaillera au noir, sera dupé par des gens sans foi ni loi, mais recevra aussi le soutien de cœurs généreux. Il faut dire qu'en racontant et en dénonçant, Costa- Gavras ne fait pas dans le léger. Les vacanciers du club de vacances sont prêts, ainsi, à chercher dans les buissons les sans papiers pour les livrer à la police. Et une belle quinqua allemande, tombe bien sûr en pamoison devant son corps d'Apollon.…

Interprété par Riccardo Scarmacio, acteur italien que l'on avait remarqué dans la fresque « Nos plus belles années » et dans « Romance criminale », « Eden à l'ouest » (clin d'œil à « A l'Est d'Eden ») est réalisé comme une fable, avec un cheminement par étapes, et est raconté à travers le personnage d'Elias qui, véritable marionnette plongée dans notre société égoïste et dont il ne connaît pas les us, joue dans ce film comme s'il tournait dans un muet. Elias ne parle pas notre langue et tout son jeu passe donc à travers son regard - étonné, apeuré, émerveillé ou déçu - ou par sa gestuelle appuyée, précise ou décousue.


 

Sortie mercredi   Nicole Clodi

 

gravas3.jpg

 

 

 

 

Depuis Z, c'est un monument vivant du cinéma, Costa-Gavras. Une figure emblématique qui incarne tout ce que la Cinémathèque française entend défendre : le cinéma exigeant.

« C'est plus que jamais essentiel de savoir lire des images, aujourd'hui, parce que tout passe par des images ! A se demander si l'écrit n'est pas déjà condamné... »

 

Costa raconte surtout la façon dont il est accueilli chez nous. « Un miroir sur nos attitudes. Sombre ? Non, au contraire : un film solaire. »