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18/02/2009

BORIS VIAN

paroles: Boris Vian et Géo Dorlis sur la Marche Turque de Mozart !

Au temps des dorur’ et des falbalas
Les marquis frivol’ et les marquis’ au frais minois
Pour un menuet timide
Esquissaient trois petits pas
Grâces envolées, vieux airs du passé
Clavecin fragile aux résonances d’autrefois
Un gosse à perruque blanche
A fait danser tous ces gens-là

Cha cha cha, cha cha cha, non tu n’existais pas encore
Cha cha cha, cha cha cha, le Brésil n’en était pas là

Douce mélodie qui fit cent fois le tour du monde
Et que Mozart a négligé d’agrémenter de quelques cha cha cha
Sur ton rythme gai dansez les brunes et les blond’
En oubliant le temps bien proche où pianotaient vos petits doigts ....

 

CHANTEZ

boris3.jpgBoris Vian, figure mythique du Paris d’après-guerre

 

Boris Vian, le swing et le verbe

de Nicole Bertolt, Marc Lapprand et François Roulmann

 

"Ce livre swingue comme un air de jazz, retraçant la partition époustouflante des talents multiples de Vian : joueur de trompette, fin jazzologue écrivant pour les revues les plus prestigieuses, auteur-compositeur d'opéra, Vian passe de la lettre à la note avec une virtuosité que ce livre permet de redécouvrir en rapprochant, traces et documents à l'appui, tous les champs de la création dont il a arpenté et enjambé les frontières. L'écriture romanesque est également musicale chez Vian, dans le rythme de l'écriture des romans comme dans les allusions explicites ou pas. Composé principalement d'archives personnelles et d'inédits, 'La Lettre et la note' redonne à Boris Vian le rôle de sémaphore qui a été le sien dans les années 1950."

boris 2.jpg

 


boris4.jpg

 

 

L'autobus vous passe sous le nez
Une grosse dame vous marche sur les pieds
Votre petite amie s'envole
Avec ce salaud de Paul
En laissant des cheveux plein l'évier
Au bistro, le café n'est pas bon
Au bureau, ça ne tourne par rond
Et votre meilleur copain
Au lieu d'avoir du chagrin
Il se marre et vous traite de... tsoin... tsoin... tsoin...

Ah, comme la vie serait triste
Triste, triste, triste
Ah, comme la vie serait triste
Si l'on ne pouvait pas chanter

Chantez des javas canailles
Que de gros durailles
Dansent à Robinson
Dansez des javas célestes
En tombant la veste
A Mimi Pinson

Les journaux sont pleins de cauchemars
On se tue du matin jusqu'au soir
La police est sur les dents
Celles des autres évidemment
L'honnêteté se vend au marché noir
On annonce la hausse des rognons
On dénonce la peau sur les oignons
Soyons fermes mes amis
Je ferai baisser les prix
Mais d'abord, donnez votre pognon...

Ah, comme la vie serait triste
Triste, triste, triste
Ah, comme la vie serait triste
Si l'on ne pouvait pas chanter

Chantez sur la mer calme
Sur le Père Lachaise
Et la fille Angot
Magali, viens sous la ramée
Tradition française
Chanson à gogo

On vous dit: la guerre est terminée
Célébrons le règne de la Paix
Embrassons nos agresseurs
C'est des frères et c'est des soeurs
C'est fini! On se battra plus jamais
Le lendemain, sur le coup de midi
L'oeil féroce, de gros barbus s'écrient
Mourir quand on a vingt ans
C'est un destin épatant
Tous aux armes, et sus à l'ennemi

Ah, comme la vie serait triste
Triste, triste, triste
Ah, comme la vie serait triste
Si l'on ne pouvait pas chanter

Chantez les joyeux compères
Qui déclarent la guerre
Et qui n'y vont pas
Chantez la prochaine dernière
Et les réverbères
Où on les pendra...

14:50 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : boris vian

Le manifeste des neuf intellectuels antillais

gua.jpg"C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle –– à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj – qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé – est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.....

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète...

Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant..."

Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William