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19/11/2010

Un poème

prevert2.jpgMAINTENANT   J'AI   GRANDI

Enfant
j'ai vécu drôlement
le fou rire tous les jours
le fou rire vraiment
et puis une tristesse tellement triste
quelquefois les deux en même temps
Alors je me croyais désespéré
Tout simplement je n'avais pas d'espoir
je n'avais rien d'autre que d'être vivant
j'étais intact
j'étais content
et j'étais triste
mais jamais je ne faisais semblant
Je connaissais le geste pour rester vivant
Secouer la tête
pour dire non
secouer la tête
pour ne pas laisser entrer les idées des gens
Secouer la tête pour dire non
et sourire pour dire oui
oui aux choses et aux êtres
aux êtres et aux choses à regarder à caresser
à aimer
à prendre ou à laisser
J'étais comme j'étais
sans mentalité
Et quand j'avais besoin d'idées
pour me tenir compagnie
je les appelais
Et elles venaient
et je disais oui à celles qui me plaisaient
les autres je les jetais
Maintenant j'ai grandi
les idées aussi
mais ce sont toujours de grandes idées
de belles idées
d'idéales  idées
Et je leur ris toujours au nez
Mais elles m'attendent
pour se venger
et me manger
un jour où je serai très fatigué
Mais moi au coin d'un bois
je les attends aussi
et je leur tranche la gorge
je leur coupe l'appétit.


Jacques  Prévert

13:14 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : j. prévert

Commentaires

Je ne connaissais pas ce poème de Prévert ou alors, je l'ai oublié ... Toi, tu as oublié le " s " à Jacques (si je puis me permettre) -

Écrit par : simone - | 19/11/2010

Tu peux! merci Simone

Écrit par : noelle | 19/11/2010

Ah! Jacques Prévert... J'aime toujours autant ses mots.
Merci Noëlle.
Passe un bon week-end (ensoleillé, j'espère... ;-))
Gros bisous.

Écrit par : Françoise | 19/11/2010

Les commentaires sont fermés.