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03/09/2016

Ecoutez nos défaites

Un roman , la folie des hommes.....

 

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"Les deux piliers sur lesquels la guerre a de tout temps reposé, la victoire et le héros, se dissolvent", avance Laurent Gaudé.

 



Dans son nouveau roman Écoutez nos défaites, Laurent Gaudé, prix Goncourt 2004, brasse subtilement les siècles et les guerres pour mieux comprendre l'Histoire et la folie contemporaine

 

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"Nous avons lu de la poésie depuis trop longtemps, nous avons admiré des mosaïques depuis trop longtemps, il ne peut y avoir de renoncement", écrivez-vous. Le combat continue? 

Oui, on ne peut pas reculer, on ne peut pas désapprendre à lire. Il peut y avoir défaite, mais pas renoncement. Il ne faut rien lâcher. Si l'on m'enlève les terrasses de café, les livres et le théâtre, la vie ne m'intéresse pas.( l'écrivain confie à l'Express les clefs de sa dramaturgie, quelques lignes)

 

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d'une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste...

Un roman inquiet et mélancolique qui constate l'inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu'on meure pour elles. ( Actes Sud)

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illustration : Hannibal et son armée traversant le Rhône (Wikipédia)

 

ecoutez nos défaites laurent gaudé

 

« L'avion file dans le ciel de Turquie et d'Irak et il lui semble les sentir, des centaines de milliers de vies, qui au fur et à mesure du temps se sont massacrées sur ces terres. Que reste-t-il de tout cela ? Des fortifications, des temples, des vases et des statues qui nous regardent en silence. Chaque époque a connu ces convulsions. Ce qui reste, c'est ce qu'elle cherche, elle. Non plus les vies, les destins singuliers,mais ce que l'homme offre au temps, la part de lui qu'il veut sauver du désastre, la part sur laquelle la défaite n'a pas de prise, le geste d'éternité.

Aujourd'hui, c'est cette part que les hommes en noir menacent. Ils brandissent leurs armes et hurlent qu'ils n'ont pas peur de la mort. «Viva la muerte!» disaient les fascistes espagnols. C'est la même morgue, la même haine de l'homme. Mais ce qu'ils attaquent, eux, c'est la part qui normalement échappe aux batailles et à l'incendie.

Ils tirent, pilonnent, brûlent, comme les hommes l'ont toujours fait. L'Antiquité est pleine de villes mises à sac - l'incendie de Persépolis, la destruction de Tyr – mais d'ordinaire il en restait des traces, d'ordinaire l'homme n'effaçait pas son ennemi. Ce qui se joue là, dans ces hommes qui éructent, c'est la jouissance de pouvoir effacer l'Histoire. » (p. 81)

 

Des hommes tuent

Un roman puissant , beau, sensible, humain, terrible....

 

 


 

 

 

 

Commentaires

Je l'ai vu (et écouté) ce jeudi à LGL. Bises Noëlle

Écrit par : Louis-Paul | 03/09/2016

Lu, vu et écouté aussi,envie de lire Nathacha Appanah...il y avait aussi,Alain Mabanckou , j'avais beaucoup aimé son roman "petit piment"!

Bisous Louis-Paul

Écrit par : noelle | 05/09/2016

Moi aussi , en replay sur Youtube et j'ai envie de le lire ! J'aime beaucoup cet ecrivain.
Bises
FANNY

Écrit par : FANNY | 05/09/2016

Tu as raison, je vais aimer comme tous les romans de Gaudé. Tu as lu l'amie prodigieuse ?

Écrit par : Rosa | 02/11/2016

Rosa ,"l'amie prodigieuse" presque fini...
Fanny, Rosa bises

Fanny, je t'ai perdue sur FB !

Écrit par : noelle | 02/11/2016

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