06/12/2013
Nelson Mandela, merci pour votre combat.
1999
Arrivée de Nelson Mandela , lors d' un concert de Johnny Clegg, interprétant
" Asimbonangua"
Mandela, l'homme qui fit tomber l'apartheid
"«Madiba», comme l’appelaient affectueusement les Sud-Africains en référence à son nom clanique, a arrêté de combattre. Car les héros meurent aussi, et à 95 ans"
Vingt-sept ans de prison
Sa disparition prive le monde d’un des derniers grands leaders charismatiques et visionnaires. Certains se souviendront avant tout de l’homme qui a évité une guerre civile à son pays, en tendant la main aux anciens oppresseurs blancs, lesquels l’avaient pourtant maintenu en prison pendant vingt-sept ans, de 1963 à 1990. D’autres rappelleront qu’il est devenu, le 27 avril 1994, le premier président noir d’un pays qui fut longtemps le plus raciste du monde et que son «long combat pour la liberté» (titre de son autobiographie parue en 1995) prouve que la résistance est toujours payante.( un extrait , libé du 6 décembre)
Son combat infatigable pour la liberté lui a valu le respect du monde. Son humilité, sa compassion et son humanité lui ont valu leur amour. »(Jacob Zuma, actuel président)

"Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur réalisation humaine plus glorieuse".
son discours lors du procès de Rivonia, en 1964, qui le condamnera à la prison à vie, Nelson Mandela avait prononcé ces quelques mots, gravés dans l’Histoire :
"Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J'ai lutté contre la domination blanche et j'ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales.
J'espère vivre assez pour l'atteindre. Mais si cela est nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir". Rien d’autre à ajouter, si ce n’est une ultime citation de Madiba : "Je n’étais pas un messie, mais un homme ordinaire qui était devenu leader en raison de circonstances extraordinaires". ( Infos
Par celinepas )

10:06 Publié dans TRISTESSE | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : mandela, l'homme qui fit tomber l'apartheid
04/12/2013
Fernando Pessoa (Portugais, 1888 – 1935) "Un, personne et plusieurs..."

“Je suis un gardeur de troupeaux.
Le troupeau c’est mes pensées
et mes pensées sont toutes des sensations.
Je pense par les yeux et par les oreilles
par les mains et par les pieds
par le nez et par la bouche.”
(…)
Alberto Caeiro, Le Gardeur de troupeau

Enfant, j’avais déjà tendance à créer autour de moi un monde fictif, à m’entourer d’amis et de connaissances qui n’avaient jamais existé – (je ne sais pas bien entendu s’ils n’ont pas existé ou si c’est moi qui n’existe pas.
Un jour…– ce fut le 8 mars 1914 – je m’approchai d’une commode haute, et prenant un papier, je commençai d’écrire, debout, comme je le fais chaque fois que je le peux. Et j’écrivis une bonne trentaine de poèmes d’affilée, dans une sorte d’extase dont je ne saurais définir la nature. Ce fut le jour triomphal de ma vie, et je n’en connaîtrai jamais de semblable. Je débutai par un titre Le gardeur de troupeau et ce qui suivit fut l’apparition en moi de quelqu’un que j’ai d’emblée appelé Alberto Caeiro. Pardonnez-moi cette absurdité : en moi était apparu mon maître. "
Extraits de la lettre à Adolpho Casais Montero, le 13 janvier 1935. (La traduction intégrale, par Rémy Hourcade, de la lettre se trouve dans Sur les hétéronymes, éditions Unes, 1985.)
“Je suis un gardeur de troupeaux....
je le pense avec tristesse – j’ai mis en Caeiro tout mon pouvoir de dépersonnalisation dramatique, j’ai mis en Ricardo Reis toute ma discipline intellectuelle revêtue de la musique qui lui est propre, j’ai mis en Alvaro de Campos toute l’émotion que je n’accorde ni à la vie, ni à moi-même. ( Source chez José Corti )

Alberto Caeiro : Lisbonne 1889-1915.
Alvaro de Campos : Tariva, 15 octobre 1890
Ricardo Reis : Porto, 1887.......
Le plus grand écrivain portugais du siècle dernier (et de notre actualité), Fernando António Nogueira Pessoa naquit à Lisbonne le 13 juin 1888. En portugais, pessoasignifie on le sait sans doute : « personne ». L’écrivain, né sous le signe des gémeaux, devait s’éteindre le 30 novembre 1935, persuadé de rester à jamais un inconnu. Pour contrecarrer cette destinée, il se réinventa en plusieurs personnalités, qui, à leur tour, échappèrent à leur créateur…

La fameuse malle, devant la « bibliothèque anglaise » de l'écrivain,
malle de capitaine de navire bourrée de manuscrits et signés de ses divers hétéronymes ( 72)

la plupart des lieux lisboètes que fréquenta Pessoa existent encore. Les vieux tramways, les pavements blancs, les cafés, les librairies, les restaurants, les visages et les fantômes perdurent toujours dans cette lenteur nimbée de « saudade », inexplicable mélange de nostalgie, de candeur et de mystique pélagique qui fait croire que chaque coin de rue recèle un génie qui s’adressera à vous en récitant des passages entiers de Pessoa. Mais quand vous rouvrirez les yeux, vous percevrez entre deux coups de sirènes portuaires juste un soupir, juste personne. C’est comme ça. Il y a rien et il y a tout.
« Je ne suis rien
Je ne serai jamais rien
Je ne peux vouloir être rien
Cela dit je porte en moi tous les rêves du monde. » (Bureau de tabac)"

« Nous avons tous deux vies : la vraie, celle dont nous avons rêvé enfant et que nous continuons de vivre de façon souterraine, et la fausse, celle que nous vivons tous les jours et qui nous mène au cercueil. » (Pessoa )
14:42 | Lien permanent | Commentaires (7)



















