30/09/2011
Un poème
Pourquoi je vis ( 1952)
Pourquoi que je vis
Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D'une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D'un pointu du port
Pour l'ombre des stores
Le café glacé
Qu'on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l'eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c'est joli
Boris Vian
20:21 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : un poème, boris vian
Poesie
Il voulait serrer une plante sur son cœur sans la déraciner
Une toute petite plante lui suffirait en ce soir sinistre où il cuve dans son fût tous les malheurs du monde
Il voudrait serrer une plante sur son cœur sans la déraciner
Une toute petite plante lui suffirait mais comment faire ?
Il ne pourrait l'élever sans l'arracher à son sol vital
Il ne pourrait se rouler sur elle sans l'écraser grossièrement
Et c'est une plante qu'il lui faudrait dans toute son innocence avec sa tige souple ses feuilles amènes et peut-être même une fleur
Mais naturellement il souhaite vivement qu'elle ne soit pas carnivore
Souhait gratuit s'il en fut car il ne trouve aucune plante à serrer sur son cœur
en ce soir sinistre où il cuve dans son fût tous les malheurs du monde
Extrait de "Courir les rues, battre la campagne, fendre les flots", Gallimard.
Raymond queneau

00:24 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : poesie, raymond queneau


















