27/05/2012
Cannes 2012, le palmarès
Palme d'or : Amour de Michael Haneke
Trois ans après "Le Ruban blanc", Michael Haneke remporte une deuxième Palme d'or pour "Amour" avec Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva.
un huis clos contemporain, centré sur un couple.

Grand Prix : Reality de Matteo Garrone

Grand prix en 2008 pour Gomorra.
Prix d'interprétation féminine : Cosmina Stratan et Cristina Flutur (Au-delà des collines)
Prix d'interprétation Masculine : Mads Mikkelsen (La Chasse)

Prix de la mise en scène : Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas

Prix du scénario : Au-delà des collines (Beyond the Hills) de Cristian Mungiu
Prix du jury : La Part des Anges de Ken Loach


Caméra d'Or : Les Bêtes du sud sauvage (Beasts of the Southern Wild) de Benh Zeitlin (présenté à Un Certain Regard)

Palme d'or du court métrage
Silencieux (Sessiz-Be Deng) de L. Rezan Yesilbas

Source ALLOCINE
22:19 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : cannes 2012, palmares
J'ai aimé...
Ce billet de Sylvie Germain , romanciere
La « nomophobie », une névrose du siècle
Un nouveau vocable vient de faire son entrée dans les médias : « nomophobie ». Le mot semble savant, composé d'éléments grecs - « nomos », qui signifie « ce qui est attribué en partage, ce que l'on possède, l'usage, la coutume, la loi », et « phobia », dérivé du radical « phobos », qui désigne « une fuite dans la précipitation, le chaos, due à une peur intense et irraisonnée ».
S'agit-il d'une terreur ou d'une aversion instinctive à l'égard de toute norme sociale, morale, juridique ? Le nomophobe est-il saisi d'une épouvante irrépressible face à la loi, comme le claustrophobe l'est par les lieux clos, l'agoraphobe par l'espace, l'acrophobe par les hauteurs, le photophobe par la lumière, l'anémophobe par le vent… et le phobophobe par la crainte obsédante d'être atteint d'une phobie ? Une telle violente allergie aux règles et aux devoirs existe assurément, quelques individus en radicale rupture de ban en donnent des exemples plus ou moins graves ; les plus atteints s'exilent dans un recoin perdu, ou finissent internés.

Mais je fais fausse route, la nomophobie ne concerne pas du tout la loi, le premier élément de ce mot ne vient pas du grec, il résulte de la contraction de mots anglais : « no mobile phone phobia ». La phobie en question (à très forte teneur en panique, en angoisse, en détresse) porte donc sur la perte possible d'un objet. Mais quel objet ! Le smartphone (appelé « téléphone intelligent » par les Québécois, toujours soucieux, et avec talent, de sauvegarder la saveur de leur langue) est un objet-soi, un objet-monde, un objet-roi. Il est un objet-soi puisqu'il contient dans ses minuscules entrailles hautement sophistiquées une grande part de la vie de son propriétaire, il est le dépositaire de sa mémoire récente, le gérant de son temps, le gardien de ses contacts, le conservateur de ses idées, de ses messages, de ses images, le trésorier de ses goûts musicaux et visuels, le pourvoyeur de ses jeux préférés, le dispensateur de toutes les informations dont il a besoin, le détenteur de bien de ses secrets, bancaires autant qu'amoureux.

Il est aussi un objet-monde, car il est une fenêtre perpétuellement ouverte sur le monde, tant proche - qu'il peut photographier, filmer, et où il peut s'orienter à loisir grâce à son GPS intégré - que lointain, qu'il peut inspecter en zigzaguant à vive allure à travers tous les continents. Un objet-roi, qui donne à son possesseur le don d'ubiquité, une illusion d'omniscience et un sentiment réconfortant d'être soutenu par un réseau de fils multiples et fluides qui le relient en permanence aux autres, particulièrement à ses intimes, à tout instant joignables.

Un objet-magique, qui nous transforme en araignées souveraines trônant au centre d'une toile illimitée sans cesse parcourue de flux d'énergies, d'informations en tout genre, et irriguée par à-coups d'exquises décharges d'adrénaline. Un objet-divin, en quelque sorte. Une idole protectrice, maternelle, un cocon à la fois planétaire et très personnel. Comment, en effet, supporter l'idée d'en être soudain privé, pour cause de panne, de perte ou de vol ?

Le nomophobe, donc, redoute de voir trancher le merveilleux cordon ombilical qui le connecte au monde, et finalement à lui-même, puisqu'il a thésaurisé sa vie dedans. D'après une récente enquête réalisée au Royaume-Uni, 66 % des personnes interrogées s'avouent nomophobes, avec un pic chez les plus jeunes ; le pourcentage est un peu moindre en France, mais le taux va croissant partout, et il ne fera qu'augmenter au rythme du perfectionnement de la technologie.

La nomophobie se révèle une des grandes névroses de ce siècle, et déjà elle mobilise un arsenal d'analystes et de soignants. Alors, pour nous protéger de cette pandémie, tâchons de rivaliser de jugement et de sagacité avec notre « téléphone intelligent », de ne pas lui céder toute notre mémoire, notre pensée, notre curiosité, de ne pas lui confier tous nos désirs, nos attentes et nos secrets.
À chacun d'instaurer sa propre « loi », anti-phobie et anti-dépendance. Autonomophilie ?
Pour l'instant , je suis sauvée ! pas de smarphone , juste un portable au fond du sac....
Il y a une photo du smarphone de Jean -Noel....
06:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : la « nomophobie », une névrose du siècle
25/05/2012
Les amants du pont neuf
Les Rita Mitsouko
Leos Carax est de retour en compétition à Cannes avec "Holy motors". Après 13 ans d'absence sur la croisette, le réalisateur revient avec son acteur fétiche Denis Lavant et Kylie Minogue

J'avais aimé " les Amants du Pont Neuf" année 91
Un pont , une rencontre , un amour fou....un cinema poètique , cruel ,bouleversant.
Denis lavant et juliette Binoche superbes

Leos Caras ne laisse jamais indifferent , on l'aime ou on le déteste....
Je l'aime

j'avais adoré leur danse sur le pont

Leos Carax , un portrait
Une, deux, voire trois générations de cinéphiles sont, depuis, passées devant lui sans le voir. Artiste option génie, forcément précoce : Boy Meets Girl à 24 ans,
Mauvais sang à 26, Les amants du Pont-Neuf à 30 ans à peine ! Puis, le purgatoire des maudits.
Le surdoué disparaît lentement, oublié d’à peu près tous, mis au ban par une industrie qui s’accommode mal des écorchés, surtout ceux qui ont du talent. Et lorsqu’il réapparaît enfin avec Pola X, en 1999, c’est la curée. Le cas Carax est épineux. Les ombres maléfiques de Rimbaud et Lautréamont....
.... Lien source - http://www.lexpress.fr/rss/cinema.xml - - Catégorie - Cinéma ...
Photos, source Allociné

"un film en compétition officielle: « Holy Motors », un drame futuriste qui raconte l’histoire d’un acteur qui interprète plusieurs rôles dans des genres différents : comédie, musical, film noir"
11:35 Publié dans cinema | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : cannes 2012
21/05/2012
Un billet à lire
Explosons ce mythe des grecs ineptes et paresseux [traduction]
(Buste d'Hadès. Marbre, copie romaine d'un original grec du Ve siècle av. J.-C. ;(source Wikipédia)
Les grecs prennent une retraite anticipée. Le chiffre de 53 ans comme un âge moyen de la retraite est galvaudé. Tant et si bien, qu’il est devenu un fait populaire. Ce chiffre vient d’ un commentaire sur le site du New York Times. Il a ensuite été repris par Fox News et diffusés dans d’autres publications. Les fonctionnaires grecs ont la possibilité de prendre leur retraite après 17,5 années de travail, mais pour une demi-retraite. Le chiffre de 53 est un amalgame ignorant du nombre de personnes qui choisissent de le faire (dans la plupart des cas pour aller vers des carrières différentes) et ceux qui restent dans la fonction publique jusqu’à ce que leur droit à une retraite complète devienne disponible.
En regardant les données d’Eurostat de 2005, l’âge moyen de sortie du marché du travail en Grèce (indiqué dans le graphique ci-dessous EL pour Ellas) était de 61,7 : plus élevé que l’Allemagne, la France ou l’Italie et plus élevé que la moyenne de l’UE27. Depuis lors, la Grèce a eu à relever l’âge minimum de départ à la retraite deux fois en condition du renflouement : ce chiffre est donc susceptible d’augmenter encore.
Les grecs veulent le prêt, mais pas l’austérité qui va avec. Il s’agit d’un mensonge fondamental. Les grecs protestent parce qu’ils ne veulent pas le prêt du tout (ou de l’intrusion étrangère qui va avec). Ils ont déjà accepté des réductions qui seraient impensables au Royaume-Uni [ndlr : et je ne vous dis pas en France...]. Il ne reste plus rien à réduire. Les corrompus, les escrocs, les méchants, nos glorieux dirigeants ont déjà tous transféré leur fortune dans des banques luxembourgeoises [ndlr : ou suisses, chypriotes, ...]. Ils ne souffriront pas. Pendant ce temps Médecins du Monde distribue des colis alimentaires dans le centre d’Athènes.
Le déficit annuel total de la Grèce est de 53 milliards d’euros. De ce déficit, notre déficit budgétaire primaire est, en fait, en dessous de 5 milliards d’euro. Les autres 48 milliards d’euro correspondent au service de la dette, y compris ceux des prêts précédents, et un tiers de cette somme étant purement les intérêts. L’Europe ne renfloue pas la Grèce. C’est un renflouement des banques européennes qui ont donné de plus en plus imprudemment ses prêts. On demande à la Grèce d’accepter la pleine responsabilité comme un mauvaise emprunteur, mais personne ne se penche sur la contribution des prêteurs imprudents.
Les politiciens occidentaux ont développé un penchant pour rester sur un balcon et se laver les mains comme Ponce Pilate : conférences d’en haut sur les maisons en feu et sans issue de secours . Cela pose facilement un voile sur la vérité – que notre maison a peut-être été mal construite, mais ce sont les incendiaires de Wall Street et le Square Mile qui ont versé de l’essence dans notre boîte aux lettres et a commencé ce feu.
Nassim Nicholas Taleb est le philosophe libano-américain qui a formulé la théorie des évènements du «cygne noir» [ndlr voir ici] imprévisibles, les événements imprévus qui ont un impact énorme et ne peuvent être expliqués par la suite. L’année dernière, il a été demandé par Jeremy Paxman si les gens qui envahissaient les rues à Athènes était un évènement du cygne noir. Il a répondu: « Le réel évènement du cygne noir est que les gens ne font pas d’émeutes contre les banques à Londres et à New York. »

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Maria n’a jamais esquivé une taxe dans sa vie. Elle ne conduit pas une Porsche et n’a pas de yacht. Elle n’a pas voté depuis dix ans – « ceux sont tous les mêmes», dit-elle, « des menteurs et des escrocs ». Sa pension a été réduité à 440 € par mois. Ses prestations n’ont pas été payées depuis presque un an. Elle fait face à la même inflation galopante que nous subissons. Elle est épuisée, mais pas vaincue.
Maria cultive des fruits et légumes autant qu’elle le peut dans sa petite « pervoli ». Elle garde des poulets de telle sorte que ses petits-enfants peuvent avoir les œufs les plus frais. Elle chante toujours admirablement. Elle se bat quotidiennement avec la maladie d’Alzheimer, regarde des photos de son défunt mari et sourit, assise à sa machine à coudre, encore, à modifier les mêmes vieilles jupes.
Il y en a des millions comme elle. Elle est l’exemple typique d’une femme grecque forte et provocante, ma mère.
Par ALEX ANDREOU, publié le 18 mai 201

Merci à Fanny
16:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : economie grèce mythe politique société
Ce matin
Le jardin mouillé.....
La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
À petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant....
Il pleut, et les yeux clos, j'écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s'égoutte
Dans l'ombre que j'ai faite en moi.
HENRI DE REGNIER
1864 - 1936
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11:54 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : le jardin mouillé






















