11/10/2013
Je me souviens...

Je me souviens, c'était un matin, l'été,
La fenêtre était entrouverte, je m'approchais,
J'apercevais mon père au fond du jardin.
Il était immobile, il regardait
Où, quoi, je ne savais, au-dehors de tout,
Voûté comme il était déjà mais redressant
Son regard vers l'inaccompli ou l'impossible.
Il avait déposé la pioche, la bêche,
L'air était frais ce matin-là du monde,
Mais impénétrable est la fraîcheur même, et cruel Le souvenir des matins de l'enfance.
Qui était-il, qui avait-il été dans la lumière,
Je ne le savais pas, je ne sais encore...
La photo, mon papa , le poème , Yves Bonnefoy


« Qui parle là , si près de nous bien qu’invisible ?
Qui marche là, dans l’éblouissement mais sans visage ?
Ainsi venaient les dieux, jadis, à des enfants
Qui jettent des cailloux sur l’eau, quand la nuit tombe ». (Ce qui fut sans lumière)
"Comme un arbre qui monte la garde, Yves Bonnefoy se tient à l’orée des mots. Sa voix est une forêt qui grandit et recouvre les lettres françaises. Sa parole est le vent qui bruit et qui veille. Il a tenté de transcrire les pas sur la neige, d’y inscrire ses pas, de mettre des mots sur le ciel illusoire. Par une écriture la plus blanche possible, il tente qu’il fasse clair entre les mots."
Gil Pressnitzer extrait

"Notre poésie est une terre verbale et j'en suis l'héritier"

Il sera aussi le biographe de Giacometti "biographie d'une oeuvre"


Giacometti," cet homme qui marche à l'intérieur de soi"

"Nous mettons nos pas nus dans l’eau du rêve,
Elle est tiède, on ne sait si c’est le réveil
Ou si la foudre lente et calme du sommeil
Trace déjà ses signes dans des branches (Dans le leurre des mots)

23:13 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (17) | Tags : poème, yves bonnefoy
10/10/2013
Les chaînes rendent hommage à Patrice Chéreau
Les chaînes de télévision proposent des programmations spéciales en hommage à Patrice Chéreau, décédé le lundi 7 octobre. Les téléspectateurs pourront voir La Reine Margotsur France 2 et L’Homme blessé sur Arte.

France Télévisions change ses programmes pour rendre hommage à Patrice Chéreau. Le réalisateur et metteur en scène s’est éteint lundi 7 octobre, des suites d’un cancer du poumon, à l’âge de 68 ans. France 2 diffusera donc le dimanche 13 octobre à 20h45 le film La Reine Margot, sorti en 1994. Prix du jury au Festival de Cannes, ce long métrage permit à Isabelle Adjani de remporter le César de la meilleure actrice l’année suivante. France 2 rediffusera également dans Thé ou Café, dimanche 7 octobre à 7 heures, une rediffusion d’un entretien que Patrice Chéreau avait accordé à Catherine Ceylac.

Sur France 5, le magazine culturel Entrée libre proposera deux numéros exceptionnels consacrés à Patrice Chéreau, le mardi 8 octobre et le mercredi 16 octobre à 20h15. La chaîne diffusera surtout un documentaire intitulé Un film et son époque : il était une fois La Reine Margot, le jeudi 10 octobre à 21h40. Ce documentaire de 52 minutes retrace l’épopée du cinquième film de Patrice Chéreau, coécrit avec Danièle Thompson et inspiré du roman d’Alexandre Dumas. Enfin, les internautes pourront découvrir sur le site Culturebox la Tétralogie de Wagner, mise en scène par Patrice Chéreau et dirigée par Pierre Boulez.
Sur Arte, le journal de 19h45, ce mardi 8 octobre, recueillera un témoignage du chef d’orchestre Daniel Barenboim. Dans le 28 Minutes, qui suivra à 20h05, Elisabeth Quin accueillera le comédien Bruno Todeschini, qui a joué dans La Reine Margot, et Jérôme Clément, président du Théâtre du Châtelet. Les internautes retrouveront aussi sur le site d’Arte une masterclass dirigée par Patrice Chéreau au Forum des images en mars 2013.

Arte proposera également une programmation spéciale dimanche 13 octobre, qui débutera à 11h45 avec un numéro de Square consacré au metteur en scène. La chaîne diffusera ensuite la pièce de Bernard-Marie Koltès Dans la solitude des champs de coton à 13h30, suivi du documentaire Patrice Chéreau, un corps au travail à 14h55. Enfin, la soirée se conclura à 23h15 avec le film de 1983 L’Homme blessé, avec Jean-Hugues Anglade et Vittorio Mezzogiorno.
Source Actu télé
par Laurence Gallois

- Le Ring de 1976 mis en scène par Patrice Chéreau.
14:37 Publié dans TRISTESSE | Lien permanent | Commentaires (7)
08/10/2013
Patrice Chéreau, fils de l'image

Patrice Chereau, à Cannes, le 18 mai 1983, lors d'une conférence de presse pour son film, «L'homme blessé». (Photo AFP)
"
"2 novembre 1944. Voilà, je nais à Lézigné, un petit village de 350 habitants dans le Maine-et-Loire. Mon père, peintre, ma mère, dessinatrice, ont énormément compté. J'ai eu une éducation artistique. J'ai appris tout ce que je sais avec eux, grâce à eux je me suis confronté à la peinture. C'est l'art majeur pour moi, celui qui m'a le plus marqué, même si la peinture n'a pas de rapport avec le théâtre ou le cinéma. Je ne fais pas de cinéma «pictural», pas du tout, ni du théâtre «en tableaux», pas davantage. Mais je viens de la peinture...." ( Patrice Chéreau)
"
"apprendre à dessiner, c'est apprendre à regarder"
"L’homme de théâtre et de cinéma est mort hier à 68 ans. De Milan à Bayreuth ou Nanterre, il a révolutionné la mise en scène."

"La Reine Margot", son chef d'oeuvre
récompensé du prix du jury pour "La Reine Margot" en 1994 au Festival de Cannes

"La Chair de l'orchidée" (1975) Son premier film
Une adaptation de l'oeuvre de James Hadley Chase, avec Charlotte Rampling et Bruno Cremer.

Judith Therpauve 1978 avec Simone Signoret, Philippe Léotard..

"L'Homme blessé" (1983)
Premier sélection au Festival de Cannes et premier César, celui du scénario co-écrit avec l'écrivain Hervé Guibert. Et une révélation, Jean-Hugues Anglade.

"Ceux qui m'aiment prendre le train" (1988)
Le film-culte d'une génération. Onze nominations, trois Césars dont celui du meilleur réalisateur.

"Son frère" (2003)
Adaptation d'un roman de Philippe Buisson, "Son frère" offre à l'acteur Bruno Todeschini son plus beau rôle.

"Gabrielle" (2005)
Un film en costumes avec Isabelle Huppert et Pascal Greggory, adapté d'une nouvelle de Joseph Conrad.

"Persécution" (2009)Son dernier film, présenté à la Mostra de Venise en compétition. Un long métrage âpre, dérangeant, nourri de la performance d'acteur de Romain Duris

Source
En images Patrice Chéreau, " ceux qui l'aiment verront ses films"
"Les acteurs de « Patrice » parlent beau, comme s'ils revenaient d'un voyage en terre d'intelligence. De quoi rédiger un petit précis de la méthode Chéreau, dont le premier chapitre pourrait emprunter son titre à un manuel de voyance : « De l'art de faire tourner les tables »

13:56 Publié dans TRISTESSE | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : patrice chéreau


















