20/04/2008
LA SARKOLANGUE
APPRENONS à PARLER
Vocabulaire sarkozyste : mode d'emploirévision générale des politiques publiques (Fillon) = tailler dans le lard
proposer des produits commerciaux pour les familles (Morano) = supprimer la carte famille nombreuse
préparer la renaissance de l'hôpital public (Sarko) = fermons des hôpitaux
le RSA sera calibré en fonction des disponibilités financières qui sont les notres (Sarko) = il va être réduit en chair à pâté
les droits de l'homme restent une priorité même en face d'interlocuteurs puissants (Sarko) = on s'écrase mollement devant les diktats chinois
les mutuelles ont fait beaucoup de bénéfices (Bachelot) = il faut faire passer le remboursement des lunettes de la sécu aux mutuelles
engager la clarification de la gouvernance (Morin) la réforme est un art d'exécution (Sarko) optimiser la gestion des personnels (Darcos) = ça va saigner
....................................................
Et plus généralement ne dites plus :
rigueur mais réforme
supprimer mais moderniser
licencier mais restructurer
vous êtes viré mais adaptez-vous
00:13 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : politique
18/04/2008
Les promesses n'engagent que ceux qui y croient : les naifs.
Voici un courrier d'un Principal de collège qui a décidé d'informer sur
le sort réservé aux collèges "Ambition-Réussite" qui ont remplacé les Zones
d'Education Prioritaire.
Bonsoir,
J'occupe depuis cette rentrée la fonction de Principal d'un Collège dit
"difficile", classé "Ambition Réussite". 82% des élèves sont issus de
catégories socio-professionnelles très défavorisées. Un Collège ghetto,
avec ses problèmes quotidiens, et les problèmes de violence dans le
quartier.
Je suis très fier d'avoir travaillé pendant plusieurs années à Meaux, puis
dans la banlieue de Lyon pendant 4 ans, et aujourd'hui ailleurs dans le
Rhône. Fier d'être fonctionnaire de la République, d'assumer cette mission
de service public tant décriée.
Ce soir, ma fierté m'a abandonné. J'ai honte. J'ai surtout honte de devoir
affronter le regard des professeurs, des surveillants, des partenaires
extérieurs, des parents d'élèves et des élèves.
Vous vous souvenez tous de la promesse de notre président de la République
pour ne pas laisser les "orphelins de 16 heures" à la rue ?
Vous vous souvenez des annonces de M. Darcos, Ministre de l'Education
nationale, à propos de la mise en place de l'accompagnement éducatif, ce
dispositif devant accueillir tous les collègiens de 16 heures à 18 heures ?
La circulaire a paru au journal officiel le 13 juillet 2007. Je l'ai
découverte en détails au moment même où je prenais mes fonctions au Collège
X fin août, comme tous mes autres collègues Principaux de Collèges en
Education prioritaire (près de 1500 Collèges dans toute la France).
Je me suis mis en quatre pour mettre en place ce dispositif, car je suis un
fonctionnaire responsable. J'ai mis mes opinions de citoyen dans ma poche,
et j'ai tout fait pour que ce dispositif soit un succès.
Je rappelle à tous que cet accompagnement éducatif devait concerner les
élèves volontaires, encadrés par des enseignants volontaires.
Sur 365 élèves, j'ai réussi à en convaincre 225: 61,5 % de l'effectif
total. La moyenne dans le Rhône tourne autour de 28 %.
Sur 47 enseignants, j'en ai convaincu 29. Je suis allé solliciter la MJC du
quartier pour mettre en place un atelier de danse urbaine. J'ai sollicité
le Centre social pour mettre conjointement en place l'aide aux devoirs, 3
fois par semaine. 100 % des élèves de 6ème étaient inscrits à cette
dernière action. J'ai sollicité une compagnie artistique pour mettre en
place un atelier d'écriture. Les professeurs ont ensuite proposé un atelier
de sciences physiques, un club journal des collégiens, une activité
escalade, trois groupes de soutien en mathématiques, deux groupes de
soutien en français. J'étais en pourparlers avec un club d'échecs et un
autre de rugby pour enrichir l'offre.
J'ai même réussi à débaucher un danseur de la maison de la danse, qui vient
de partir pour le cirque du soleil à Las Vegas....
Tout cela a bien sûr un coût. Vous vous en doutez.
L'Inspection académique et le Rectorat nous ont transmis courant octobre
2007 une enveloppe d'heures pour les professeurs et les intervenants
extérieurs (pour ces derniers, ces heures devaient être transformées en
vacations, payées 15 de l'heure).
Je disposais de 1476 heures. C'est à partir de cette enveloppe que je
n'avais pas demandé que j'ai construit mon offre. J'ai informé les parents
d'élèves, et le 12 novembre, les actions se sont mises en place.
L'aide aux devoirs avait commencé dès le 20 septembre. Les élèves étaient
pour la plus part d'entre eux très heureux.
Début décembre, j'ai mis en paiement auprès du Rectorat les heures
effectuées en septembre, octobre et novembre: 398 heures.
Cet après-midi, mardi 29 janvier 2008, réunion officielle à l'Inspection
académique. L'inspecteur d'Académie préside la réunion, flanqué de ses deux
adjoints et de deux chefs de service. Configuration inhabituelle..
Curiosité puis inquiétude.
L'Inspecteur d'Académie ne le dit pas explicitement, car nous sommes tous
soumis au même devoir de réserve. "Le dispositif n'est pas supprimé, mais
on a réduit la voilure". On a seulement supprimé les heures pour le faire
fonctionner. Au lieu des 1476 heures, je n'en ai plus que 397 pour terminer
l'année scolaire. Cela vient directement du Ministère. C'est identique dans
toutes les Académies, l'Inspecteur d'Académie nous l'a confirmé, comme s'il
voulait nous consoler. Tous mes collègues sont dans la même stupeur (40
Principaux de Collège abasourdis).
J'ai dépensé 1 heure de plus que ce à quoi j'ai droit. Et les heures
effectuées en décembre et en janvier ne sont pour l'instant pas honorées
(j'ai compté 221 heures pour ces 2 mois). Je n'en ai plus les moyens.
C'est noble le bénévolat, mais, là, on atteint des limites...
Concrètement, dès lundi prochain, 4 février 2008, toutes les actions
décrites ci-dessus s'arrêteront, faute de moyens. Je ne vous fais pas de
dessin.
Oui, j'ai honte ce soir. Honte pour les élèves. Honte pour les parents
d'élèves. Honte pour les profs. Honte pour les partenaires exterieurs.
Je ne sais toujours pas comment je vais leur annoncer la chose.
Merci M. Sarkozy pour vos promesses péremptoires. Merci M. Darcos pour
avoir démontré la crédibilité du système éducatif français.
Bonsoir les amis, vive la République..
Ce message est un envoi en nombre que je vous fais. Veuillez m'excuser si
vous avez déjà reçu cette information.
Je vous encourage à le diffuser autour de vous. Vous pouvez utiliser le
même mode de diffusion par votre messagerie à destination de votre carnet
d'adresses.
Bernard Étrillard
12:58 Publié dans coup de gueule | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : politique
Dans les pas de JMG Le Clézio
Jean-Marie Gustave Le Clézio passe sa vie à sillonner le monde. Ses livres sont comme des traces qu'il laisse de lui-même, de la littérature et de la planète. Composé de voyages, d'entretiens et d'évocations, ce film, tourné en Corée du Sud, au Mexique et en Bretagne, entremêle paysages, villes, nature et mots - ceux d'un grand écrivain qui, parcourant le monde depuis un demi-siècle, «voyage en littérature», dénonçant une planète blessée, des peuples déshumanisés et bientôt disparus. «Ecrire, c'est sortir de soi, c'est devenir quelqu'un d'autre, c'est un peu comme rêver, donc voyager. Mais pas voyager pour écrire, je ne suis pas un écrivain voyageur», confie-t-il.
« Je n'ai jamais cherché que cela en écrivant : communiquer avec les autres »
Issu d'une famille bretonne, britannique et mauricienne, Jean-Marie Gustave Le Clézio garde de ses origines un goût prononcé pour l'errance. Licencié ès lettres, il publie son premier roman 'Le Procès-verbal' à l'âge de vingt-trois ans : le livre est aussitôt récompensé du prix Renaudot. Il 'récidive' dans cette voie et, en 1980, le prix Paul Morand lui est décerné pour l'ensemble de son oeuvre. C'est l'année même de la sortie de 'Désert', épopée sublime d'une jeune descendante de touaregs, toujours considérée comme son chef-d' oeuvre. Le Clézio a en outre consacré des essais à plusieurs civilisations nomades menacées de disparaître, et avec lesquelles il a parfois partagé son existence (Indiens de Panama, Berbères du Maroc.. .). Il publie en 2006 aux Editions du Seuil 'Raga, Approche du continent invisible' et Ourania .
Je m’appelle Jean-Marie Gustave Le Clézio, je suis né à Nice d’un père anglais et d’une mère française, je suis grand et maigre, j’ai commencé à écrire des livres en pensant que ce qu’il fallait, c’était écrire des histoires. Et puis ensuite…»
"Ensuite, J.-M.G. Le Clézio s’est mis à écrire vraiment, et à oublier pourquoi. «Vouloir réinventer le monde», et «aller voir de l’autre côté de la colline» : nomade comme ses ancêtres, un peu breton, un peu mauricien, mexicain tout aussi bien, Le Clézio est l’écrivain de l’expérience sensible. Un écrivain voyageur, si on veut, mais qui ne se contente pas d’arpenter le paysage où il se fond. Qui sait aussi se repérer dans le temps, montrer un rocher en le millésimant 6 000 ans avant notre ère, ressentir les vibrations d’une civilisation disparue. Tout en restant toujours à hauteur d’homme. Le Clézio écrit son prochain comme lui-même. Le film le suit partout où son œuvre l’a mené. Jusqu’en Corée, son actuelle destination. Le Clézio dit que Séoul est la seule capitale au monde où, l’été, les cigales font plus de bruit que les voitures. La nuit de Séoul clignote, le métro est une queue de comète, les croix des lucioles. Le Clézio explique qu’«il faut accepter le vent violent qui nous vient des villes», à condition que celles-ci inventent un équilibre. «Séoul est l’exemple d’une ville réussie, avec une part très violente, et des poches de silence, de vide.» Le vide dont il pense que nous sommes faits, autant que de doute. Un écran vidéo, un arbre en fleurs. De là, nous partons pour l’empire aztèque détruit : «La conquête a effacé un héritage qui fait défaut encore aujourd’hui.»
10:26 Publié dans mes livres | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : ecrivains
17/04/2008
LE DERNIER FRERE
Il existe à l’Île Maurice un cimetière bien entretenu où sont enterrés des Juifs qui n’avaient pas l’intention d’y mourir. En 1940, en route, pleins d’espérance sur l’Atlantic, pour la terre promise, avec, à bord, quelques 1500 personnes, ils ont été refoulés par les Britanniques sur cette île-colonie qui leur appartenait. De cet exil imposé dans un camp au joli nom de Beau-bassin, ils ne connaîtront que la réalité sordide de l’enfermement.
Soudain les boucles de David ont commencé à trembler, ses épaules aussi et il a caché la tête dans ses genoux qu’il avait ramenés sur sa poitrine en s’asseyant. Puis j’ai entendu ses sanglots. Je les connaissais très bien ces pleurs qui font hoqueter, qui font dire doucement aaahh, comme si quelqu’un vous enfonçait lentement, très lentement un couteau dans le cœur, je connaissais très bien ces pleurs qui sortent comme de nulle part, soudain, alors qu’on est pourtant tranquillement assis sur une pelouse grasse et verte et que le soleil chauffe les épaules. Je me suis redressé, une envie terrible de l’appeler, de le réconforter, lui dire comme Anil me disait, arrête de pleurer, ça va aller, ton nez coule et beurk tu avales la morve, ça nous faisait toujours rire de dire cela, tu avales la morve et il rajoutait c’est salé, non ? et, l’instant d’après j’avais oublié mes larmes. Ce jour-là, j’ai fait comme David cette chose qui m’arrivait de temps en temps, un nœud qui se serre soudain au creux de mon ventre, la difficulté de respirer, ces larmes qui montent et contre lesquelles on ne peut rien. J’ai enfoui ma tête dans les feuilles et j’ai pleuré, comme lui à quelques mètres de moi. Extrait p.58
Rien ne prédisposait ces deux enfants à la rencontre, l’un de Prague, l’autre mauricien, l’un blond, l’autre noir ; ni la langue, ni la culture, ni l’espace, encore moins leur histoire respective ne pouvait conduire à cette amitié par delà les mots et les grillages
Un très beau roman, magnifique
un roman du souvenir et de l’absence qui lui vaudra le Prix de La FNAC 2007
Natacha Appanah, journaliste, écrivain. Née à l'île Maurice, Natacha Appanah est journaliste depuis 10 ans. Elle a travaillé pour Le Dauphiné libéré, Le Télégramme de Brest, GEO... Elle collabore aussi régulièrement avec Radio France International et la Radio Suisse Romande. Natacha Appanah a aussi écrit 3 romans : Les rochers de poudre d'or, Blue Bay palace, La Noce d'Anna, aux éditions Gallimard. Elle donne des cours de presse écrite à l'IPJ.
19:39 Publié dans mes livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : coup de coeur
Le poète martiniquais Aimé Césaire, chantre de la négritude, est mort

13:25 Publié dans TRISTESSE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tristesse
16/04/2008
LA FAIM ET LA COLERE
Week-end d’une planète en proie à l’insécurité alimentaire: manifestations au Bangladesh, où le sac de riz coûte la moitié du revenu quotidien; Premier ministre démis à Haïti, où un policier de l’ONU est mort; tensions au Burkina Faso à la veille d’une grève générale contre la hausse des prix… La crise va perdurer, martèle la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Les céréales, qui ont augmenté de 37 % en 2007, devraient encore flamber en 2008, entraînant «la multiplication des émeutes de la faim». 37 pays sont touchés.
Le constat est impitoyable : nous sommes entrés dans un cycle long de hausse des matières premières agricoles qui vont pousser au désespoir nombre d’habitants des pays dits émergents. Face à cette perspective qui affole les grandes organisations internationales, le fossé se creuse entre les problèmes du Nord et ceux du Sud.
les pays du Sud ne pourront pas attendre très longtemps. Il faut repenser entièrement le modèle agricole mondial.
Les « émeutes de la faim » sont-elles un facteur d’instabilité planétaire?
Oui, parce qu’elles ne sont pas conjoncturelles, mais structurelles. Elles ne sont pas directement liées à des phénomènes climatiques (sécheresse en Australie) ou de développement (nouvelles classes consommatrices en Inde ou en Chine). Quand le prix du riz flambe de 52% en deux mois, celui des céréales de 84% en quatre mois, et quand le prix du fret explose avec celui du pétrole, on précipite 2 milliards de personnes sous le seuil de pauvreté.
13:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : solidarite
14/04/2008
AIME CESAIRE
Partir.
Comme il y a des hommes-hyènes et des hommes-
panthères, je serais un homme-juif
un homme-cafre
un homme-hindou-de-Calcutta
un homme-de-Harlem-qui-ne-vote-pas
l'homme-famine, l'homme-insulte, l'homme-torture
on pouvait à n'importe quel moment le saisir le rouer
de coups, le tuer - parfaitement le tuer - sans avoir
de compte à rendre à personne sans avoir d'excuses à présenter à personne
un homme-juif
un homme-pogrom
un chiot
un mendigot
mais est-ce qu'on tue le Remords, beau comme la
face de stupeur d'une dame anglaise qui trouverait
dans sa soupière un crâne de Hottentot?
| Je retrouverais le secret des grandes communications et des grandes combustions. Je dirais orage. Je et toi terre tendue terre saoule Resister, persister,insister ..pour exister | |
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11:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : solidarite































