17/03/2013
Un poème , les mots de Fabrice
Sur la vie j'ai traîné mes mirages
Mes orages mes carnages
Et mes marivaudages...

.
Jusqu'à la fin de la faim du loup
Jusqu'au bout comme un fou
Jusqu'au rebord du trou...
.
Et ne dites pas c'est le destin
C'est crétin c'est chafoin
C'est geindre comme un chien...
.
Sur la vie j'ai poussé ma chanson
Comme un con sans un rond
Pour pas être un mouton...
.
Mais les autres ils s'en foutent pas mal
C'est égal c'est banal
Et c'est le dernier bal...
.
Alors on est un homme on y va
Tout là-bas l'Au-Delà
Pour qui sonne le glas.
Fabrice, le 14/03/2013
http://ilfaitdouxcestemps-ci.hautetfort.com/archive/2013/...

21:43 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : un poème de fabrice
De cet amour ardent je reste émerveillée
"Vivre en poésie, ce n’est pas renoncer ;
c’est se garder à la lisière de l’apparent et du réel"....
Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés
Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.

Andrée Chedid



"L’appel du poème est rarement contraignant.
Le plus souvent discret, ne dirait-on pas que son premier désir
est qu’on veuille bien, tout d’abord, écouter."....

19:19 Publié dans poesie | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : andrée chedid
16/03/2013
Je suis né à Séville....


une nuit de juillet 1875, dans le célèbre palais de las Dueilas, situé dans la rue du même
nom.
Mes souvenirs de la ville natale sont tous d'enfance, car à huit ans je m'en fus à Madrid, où s'étaient installés mes parents, et je fus élevé à l'Institution libre d'enseignement. Pour ses maîtres je garde une vive affection et une profonde gratitude.
Mon adolescence et ma jeunesse sont madrilènes. J'ai voyagé un peu en France et en Espagne. En 1907 j'obtins une chaire de langue française que j'occupai pendant cinq ans à Soria. C'est là que je me suis marié: c'est là qu'est morte mon épouse, dont le souvenir m'accompagne toujours. Je fus muté à Baeza, où je réside aujourd'hui. Mes passe-temps préférés sont la promenade et la lecture.
1917.
II
De Madrid à Paris à vingt-quatre ans (1899). Paris était encore la ville de « l'affaire Dreyfus » en politique,
du symbolisme en poésie, de l'impressionnisme en peinture, du scepticisme élégant en critique. J'ai connu personnellement Oscar Wilde et Jean Moréas. La grande figure littéraire, la grande autorité consacrée était
Anatole France.
De Madrid à Paris (1902). Cette année-là j'ai connu à Paris Rubén Darlo.
De 1903 1910, divers voyages en Espagne Grenade, Cordoue, les terres de Soria, les sources du Douro, des villes de Castille, Valence, l'Aragon.
De Soria à Paris (1910). J'assistai à un cours d'Henri Bergson au Collège de France.
De 1912 à 1919, de Baeza aux sources du Guadalquivir et à presque toutes les villes d'Andalousie.
Depuis 1919 je passe la moitié de mon temps à Ségovie et à Madrid l'autre moitié, approximativement. Mes dernières excursions ont été à Avila, Leon, Palencia et Barcelone (1928).
1931.
La suite sera une vie à Madrid où le surprend la guerre civile. Son engagement au côté de la vie, et donc de la République, contre les forces de la mort franquiste. Il connaîtra la douloureuse séparation avec son amour, Doña Guiomar réfugiée au Portugal.
La suite et la fin sera l'exil.

"Et quand viendra le jour du dernier voyage,
quand partira la nef qui jamais ne revient,
vous me verrez à bord, et mon maigre bagage,
quasiment nu, comme les enfants de la mer. "
Ces vers sont gravés sur sa tombe à Collioure

"Tout passe et tout demeure Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer."
(Antonio Machado)
"L'homme bon est celui qui garde, telle l'auberge du chemin
l'eau pour l'assoiffé, pour l'ivrogne le vin."

"Antonio Machado demeure cette simple auberge au bord des chemins de la vie et de la poésie."

"Jamais je n'ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j'aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J'aime les voir s'envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater."
Sources Esprits nomades

00:00 | Lien permanent | Commentaires (13)
12/03/2013
Bleus Horizons
"Cette fois, mon coeur, c'est le grand voyage;
Nous ne savons pas quand nous reviendrons.
Serons-nous plus fiers, plus fous ou plus sages ?
Qu'importe, mon coeur, puisque nous partons !..."
"Le 8 septembre 1914, Jean reçut sa feuille de route. Il la baisa, la caressa, la respira. Il pleura aussi, mais de joie en lisant et relisant sa convocation. Car il était attendu, deux jours plus tard, à la caserne de Libourne où il partit avec cette ferveur que mettent les pèlerins à rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle, cette naïveté des enfants qui rentrent chez eux après des vacances en colonie.
Le garçon que je rencontrai pour la première fois était heureux et si plein d'idéal qu'on l'eût dit inconscient du danger. Il ressemblait plus à un chevalier des croisades qu'à un soldat et attribuait à la protection de Dieu son invincibilité. Pourtant, il n'avait plus que deux mois à vivre. C'est quoi, deux mois? Huit semaines, soixante jours, une broutille, un coup de vent, le temps d'un soupir, une éternité." ( un extrait p.71 )

Jerome Garcin ressucite Jean de la ville de Miremont ,un poète oublié, un peu rêveur , un peu naïf , mort au front en 1914, c'était sur le chemin des dames , des millions de morts, l'enfer...

En 2010 , quelques lignes dans Sud-Ouest, poète oublié jusqu'au cimetière
"L'AMI DE FRANCOIS MAURIAC, BORDEAUX. La tombe de Jean de la Ville de Mirmont est menacée de reprise. Ses inconditionnels réagissent "
http://nono.hautetfort.com/archive/2010/03/19/jean-de-la-ville-de-mirmont.html
"A vivre parmi vous, helas! avais- je une âme?
Mes frères, j'ai souffert sur tous vos continents
Je ne veux que la mer, je ne veux que le vent
Pour me bercer, comme un enfant, aux creux des lames."
l'horizon chimerique

Dans ce beau roman ,un personnage imaginaire, Louis Gemon, son compagnon au chemin des dames, cet ami, va passer sa vie à sauver la mémoire de l'écrivain.
Sensible et poignant , un beau devoir de mémoire
j'aime beaucoup ces lignes, Un extrait
"Je me souviens des jours ,si rares,ou les canons se taisaient. Terrés dans notre tranchée, nous attendions l'ordre de monter à l'assaut, qui ne venait pas.Le temps était alors suspendu....
C' est le moment que nous choisissions, Jean et moi, pour jouer aux odeurs. Nous levions la tête jusqu'au bord de la tranchée et respirions à plein poumons. c'est à qui, le premier, sentirait les parfums de l'herbe fauchée, des tilleuls, des feuilles mortes, des résineux,des buis, du colza, de la rivière poissonneuse, ou des feux de cheminées dont nous voulions croire que la brise,profitant du cesez-le- feu, les avait conduits en procession jusqu'à nous. A ces effluves réels ou imaginaires,,nous ajoutions peu à peu les arômes de nos enfances respectives, réglisse, cacao, muguet, lait mousseux, corne de cheval brûlée, et la journée se finissait dans une fête des sens qui nous emmenait à mille lieues de notre boyau putride. Le jeu cessait avec la distribution de la tambouille, et son écoeurant remule de gras - double plongé dans un bouillon de pois."

"On doit de connaître l’héritage littéraire, essentiellement posthume, de Jean de La Ville de Mirmont à sa mère qui avait rassemblé ses écrits : L’Horizon chimérique, Les Dimanches de Jean Dézert, et Contes. La Table ronde les réédite, en un volume, de sa collection « La petite vermillon » Sur une génération perdue, de Michel Suffran. Le Festin ( Jean- claude Raspiengeas)


"C'est par la révolte des Poilus du Chemin des Dames en mai 1917 que change quelque peu leur condition. Les "mutins" n'étaient pas des déserteurs, mais des grévistes de la guerre. Ils exigeaient l'arrêt immédiat des offensives inutiles. Ils n'acceptaient de se battre que si l'état-major prenait toutes les dispositions nécessaires au succès des actions ponctuelles qu'il entreprenait encore sur le front. Ils ont gagné le droit de survivre en êtres humains, l'augmentation de la fréquence des permissions, un roulement dans l'occupation des secteurs.... et la destitution des officiers incompétents et brutaux. Sur 2.900.000 soldats, seulement 40.000 se mutinèrent et il y eut 50 exécutions. Il était juste que l'Etat, par la voix du président Jospin, leur accorde sa reconnaissance _ bien que trop tardivement _ et il est à souhaiter qu'ils soient réhabilités officiellement."
source " Que maudite soit la guerre"

17:38 | Lien permanent | Commentaires (13)


















